Protéger son sol et ses plantes vivaces.

 MONETEAU.Samedi 14 octobre 2017. Protéger son sol et ses plantes vivaces par Michel Frimour.

En cette fin d’année, nous connaissons une période de sécheresse du sol qui nécessite quelques précautions de bon sens pour, d’une part, pouvoir travailler le sol et récupérer sans dommage les légumes racines restant au potager, et, d’autre part, préparer la période hivernale.

Michel Frimour rappelle d’abord quelques notions de base concernant la vie du sol à quelque 23 personnes venues à sa démonstration.

Le groupe.

Le sol est vivant avec des vers de terre, des collemboles, des cétoines, etc.  qui se nourrissent des végétaux en décomposition pour les transformer en matière organique qui va nourrir les plantes. Cette vie peut se répartir en deux couches : dans les 5 à 8 premiers centimètres, la vie est possible grâce à la présence d’oxygène (aérobie), puis, plus en profondeur, elle s’exerce en absence d’oxygène (anaérobie). Le fait de retourner la terre entraine donc une perturbation du milieu, et la faune qui vit en milieu aérobie se retrouve donc dans un environnement anaérobie, nécessitant une période d’adaptation de plusieurs mois pour rétablir l’équilibre.

Pour éviter qu’un sol ne se dessèche, un couvert sur le sol limitera l’évaporation, en créant un milieu propice à la vie, et donc le besoin d’eau.

Quels types de couvert peut-on envisager ?

  • Les feuillages offrent une solution facile en cette saison d’automne. Les feuilles tendres, comme celles du noisetier, du charme, du bouleau, du tilleul, seront à privilégier. Les feuilles plus résistantes comme celles du chêne sont possibles après une période de séchage qui va limiter la présence de tanin. Les feuilles de fougères offrent l’avantage d’être imputrescibles et donc d’offrir une meilleur longévité à votre protection.
  • La paille est aussi une source possible.
  • Enfin, il existe la solution des engrais verts, à semer sur le sol en cette saison après avoir décompacté le sol. Ils ont leurs caractéristiques.

 Michel Frimour préfère semer un mélange de Moutarde blanche et de Vesce d’hiver.  La racine de moutarde blanche va aller plus en profondeur, jusqu’à 20 cm, et lorsqu’elle aura gelé, vers – 8°, la décomposition des racines va créer des passages pour l’eau et aérer le sol. Par contre, étant de la famille des crucifères, il ne faudra pas planter derrière des choux, des navets ou des radis qui sont  de la même famille que la moutarde. La vesce étant de la famille des Fabacées, aura le même résultat que les haricots ou petits pois par exemple, à savoir qu’elle emmagasinera de l’azote de l’air dans les nodules de ses racines. Lorsqu’on veut supprimer un engrais vert, on laisse donc toujours les racines dans le sol.

On peut aussi semer de la phacélie, qui n’appartient à aucune famille connue de plantes potagères et qui peut être suivie de n’importe quelle culture. Très mellifère, et donc attirant les insectes au printemps, elle gèle entre – 5° et – 13° selon son stade de développement.

Le Trèfle incarnat, aussi de la famille des Fabacées, est peu sensible au gel, mais assez difficile à détruire.

Que dire des adventices vivaces ? Il faut les détruire au début du printemps avant leur production de graines.

Le liseron va remonter des minéraux des profondeurs du sol. On ne le détruira pas, mais on peut le fatiguer avant qu’il ne produise ses tiges aériennes rampantes. Une fois séché, il peut aller au compost.

Le chiendent évolue par rhizomes. On peut le détruire en le coupant par 3 fois de suite dans l’année. On peut aussi en faire des infusions pour des problèmes de rein, vessie.

L’Ortie piquante ( Urtica dioica ),  connue aussi pour ses nombreuses propriétés médicinales. On devrait  toujours laisser dans son jardin un petit carré d’orties, très minéralisantes.

 

Quelles protections apporter pour les plantes qui restent en cette saison dans le potager ?

Le Yacon ou poire de terre, plante tubéreuse qui ne supporte pas le gel à – 5°. Il est préférable de le récolter dès les premières gelées et de conserver les tubercules dans du sable sec. Une tige correspond à un tubercule. Il ne contient pas d’amidon, contrairement à la pomme de terre. On peut l’éplucher, le couper en rondelles et le cuisiner en gratin. La souche est trop filandreuse pour être consommée. Par contre, au printemps elle donnera des yeux, futurs plants à récupérer.

Le Yacon ou Poire de terre.

 

Le céleri rave comme la betterave rouge et les navets gèlent facilement. Les rentrer dès que la température atteint 4 °

Les carottes gèlent à -7°. Les laisser dans le sol avec une bonne couverture permettant un accès facile.

Le panais résiste bien au gel qui l’aide à transformer son amidon en sucre. Il ne s’arrache qu’après les premières gelées.

Les poireaux résistent au gel jusqu’à – 10 °. Par contre il faut bien les couvrir si on veut pouvoir les arracher.

Le topinambour 

 

Gros plan sur les feuilles de topinambour.

 

(Fuseau blanc ou Violet de Rennes) résiste également bien au gel. Pour éviter ses inconvénients intestinaux, certains lui préfèrent l’Hélianthi,

 

Gros plan sur les feuilles de l'Helianthi.

 

de la même famille, mais beaucoup plus digeste.

Le feuillage de ces deux plantes est étonnamment semblable mais les tubercules de l'hélianthi sont plus petits.

Les cucurbitacées (Butternut, Muscade de Provence, Sucrine de Berry, Potimarron, Citrouille et potiron), pour une bonne conservation, ne se cueillent que lorsque le pédoncule est marron et ligneux ; s’ils ne sont pas mûrs, soit lorsque le pédoncule est encore vert, ne se conserveront pas bien, même au congélateur. On les mettra quelques jours au soleil avant de les rentrer. Le mieux c’est de les conserver dans une pièce éclairée et aérée. Eviter une pièce sombre et non aérée.

Faut-il conserver les graines de cucurbitacées d’une année à l’autre ? Michel Frimour recommande d’acheter ses graines chaque année chez un producteur de graines qui aura pris la précaution d’éviter les hybridations, toujours dangereuses, avec par exemple les coloquintes non comestibles. Si on achète un sachet de 12 graines, on peut les garder jusqu’à 3 ans. L’ennemi des graines est le charançon. Mettre ses graines dans un sachet spécifique, 48 heures au congélateur, pour détruire les charançons, et éviter une trop grande déshydratation, puis les mettre dans des boites en fer dans une pièce sèche et aérée, à l'abri des souris.

Les artichauts ne craignent pas le gel mais l’humidité stagnante.

La rhubarbe a besoin de beaucoup de compost. Couvrir au début d’hiver avec ½ sac de compost par pied. (type fumier de cheval déshydraté). On la divise au printemps lorsqu’elle démarre.

Protections pour les arbustes et petits fruits 

Les cassissiers, groseilliers, framboisiers ne posent pas de problèmes de gel. Les framboisiers se taillent au début du printemps en enlevant les tiges sèches. Les cassissiers, casseilliers, groseilliers se taillent en coupant les tiges les plus anciennes (environ 1/3 par an).

La verveine citronnelle risque de geler au printemps. Il est donc préférable d’en faire des boutures d’avance ; les boutures de fin d’automne ont une chance de réussite de 40% alors que celles faites au printemps ont toutes leurs chances et l’enracinement est beaucoup plus rapide.

 

 

© Texte et photos de Georges Chevaux

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