Atelier de réflexion sur l'implantation d'un verger à Chêne-Arnoult.

CHENE-ARNOULT. 25 novembre 2017. Atelier de réflexion sur l’implantation d’un verger chez Charles Deschamps et Marie-Solenne Bergandi avec Jean Ravisé.

L’accueil par nos hôtes, Charles Deschamps et Marie-Solenne Bergandi, tous deux ingénieurs agronomes, se déroula sous un hangar d’où nous avions une vue d’ensemble sur le projet. 

Présentation du projet par Charles Deschamps.

 

Ils remettent à chacun des participants un dossier expliquant leur projet d’agro-foresterie :

La plantation sera progressive, s’étalant sur plusieurs années, en tirant les enseignements des années précédentes et la production fruitière sera majoritairement composée de pommes, poires, noix, noisettes et petits fruits. L’objectif était de valoriser les productions par des filières locales avec orientation bio.

Leur expérience actuelle sur les greffes n’est pas complétement satisfaisante. Leur pépinière comporte 103 porte-greffes : 60 greffes sur essences locales effectuées, 43 greffes non réalisées pour incompatibilité avec les sections trop petites des porte-greffes. Les greffes de pommiers ont été faites sur M 106, les greffes de poiriers sur Kirchensaller et sur Francs. Taux de réussite : 45 %.

Pépinière de plants de pommiers et poiriers.

Les sols ont une texture limono-argileuse, avec un taux de calcaire actif variable de 0 à 30 %. Les terrains sont en pente pour une majorité (est-ouest), la déclivité aboutit à un ruisseau près de la ferme. 

Bande de terre cultivée en vue de la plantation des arbres fruitiers.

Cette ferme dite « de la Fontaine » a une histoire familiale. Elle fut le théâtre d’expériences menées avec la Société pétrolière Shell depuis 1954 jusqu’en 1980 (revêtements de sol, engrais, etc…) qui ont servi aux exploitations voisines. Puis, elle fut louée à bail à un fermier extérieur, abandonnée, et à nouveau reprise en exploitation par la famille en 2009. 

Ferme réaménagée.

La Société d’Horticulture de l’Yonne était sollicitée pour donner des avis éclairés par l’expérience sur ce projet. Jean Ravisé, ex professionnel de l’horticulture et la dizaine de personnes présentes ont donc apporté leurs connaissances. Cet enrichissement réciproque rentre dans la philosophie de la SHY.

Tout en devisant pour nous rendre à la ferme, nous avons rencontré le long de la route des arbres très anciens dont les propriétaires ne connaissent pas les variétés : poiriers, 

Perspective de réhabilitation d'un vieux poirier.

 

pommiers,

Diagnostic sur anciens pommiers lngeant la route.

 

tous leur appartenant, sur lesquels nous avons émis quelques suggestions : une restructuration serait nécessaire pour obtenir des nouvelles tiges suffisamment élaborées pour en extraire des greffons. Suite aux dégâts causés par les épareuses utilisées pour entretenir les fossés, mettant en danger les arbres, il est même urgent d’intervenir dans certains cas, pour enlever les branches cassées. Nous avons pu identifier une pomme Gros Locard.

Nous nous sommes rendus à la ferme de la Fontaine pour partager au chaud une petite collation, répondre aux questions posées et échanger nos réflexions à bâtons rompus. Il en est  ressorti un certain nombre d’observations livrées ci-après :

 

  • Jean Ravisé insiste sur l’intérêt de ce projet pour la SHY qui cherche des terrains pour faire des démonstrations futures.
  • Lorsqu’on envisage un tel projet sur une vingtaine d’ha, il est primordial de s’assurer de pouvoir en maîtriser à terme l’exploitation et l’entretien. Au niveau de l’entretien, les bases autour des futurs plants doivent rester dégagées et ameublies. La couverture avec plastique ou feutrine est une solution. La hauteur sous branchages des futurs arbres doit rester compatible avec le passage des engins.
  • La remise en valeur de variétés anciennes fait partie de nos objectifs. Nous avons acquis une expérience commune avec la visite des vergers conservatoires de Bourgogne en partenariat avec le CRPF. Le CRPF a d’ailleurs été contacté sur ce projet.
  • Il est important à ce niveau de connaître les variétés anciennes laissées par nos prédécesseurs sur la région afin d’éviter des erreurs de compatibilité. Il est aussi utile de savoir greffer, et de connaitre les sujets francs utilisés près de chez eux par nos ancêtres.
  • Au niveau des greffes, la greffe en écusson en pied, reste la préférée, car on n’a pas, comme dans la greffe en fente, ou en couronne, situées en hauteur, de problèmes de repousses sur le franc, ni de risque de fragilité des greffons en raison de la surcharge des charpentières partant d’un même niveau. On est sûr que la sève va alimenter le scion greffé. Enfin, on peut aussi mieux diriger les pousses de charpentières en les décalant sur la hauteur.
  • Il est difficile de connaitre actuellement les origines des porte-greffes vendus en France, car pour une majorité, ils viennent de l’étranger, élevés dans des conditions pas toujours compatibles avec notre climat et nos terrains, mais à des prix défiant la concurrence interne. Jean Ravisé peut donner encore quelques adresses de producteurs de porte-greffes en France.
  • Il semblerait pour Jean Ravisé que la répartition des arbres fruitiers serait moins contraignante sur un rang avec 4 m de chaque côté qu’en quinconce sur deux rangs à 6 m d’intervalle.
  • L’objectif des propriétaires étant de mécaniser le plus possible pour faire des économies, il faut d’abord bien connaître la demande des produits élaborés, et l’adapter à la production.
  • Pour Jean ravisé, si on veut faire des pommes à couteau, la quenouille en forme libre lui paraîtrait mieux adaptée. Il semble que dans l’Orléanais, ils reviennent à ce produit. Si on veut faire des pommes à cidre, il faut tenir compte de la solidité des sujets, de la vigueur des porte-greffes, pour que les passages des lamiers, des machines à  secouer les branches et à ramasser les fruits soient compatibles avec l’éloignement et la solidité des sujets. En fait, il faudrait trouver un compromis entre un porte-greffe de vigueur moyenne, dont on améliorerait la productivité par des arcures, et un porte-greffe très vigoureux qui émanerait de pieds francs, mais qui aurait l’inconvénient de monter en hauteur et en épaisseur. Pour Jean Ravisé, une greffe sur pied franc lui paraitrait cependant mieux convenir. Dans le cas de production de pommes à cidre, tenir compte aussi du coût de l’éloignement des coopératives qui les acceptent encore, car elles sont de moins en moins nombreuses. (Regroupement des cidreries)
  • En ce qui concerne le poirier, le choix des porte-greffes est limité. Soit on greffe sur cognassier d’Anjou ou de Provence, et on obtient des sujets limités en hauteur, soit on greffe sur francs, et on a de grandes hauteurs. Le cognassier d’Anjou serait mieux adapté à nos terrains. Avec les poires, on peut envisager la fabrication de jus de fruit et de poirées.
  • En ce qui concerne les noix et noisettes, les propriétaires ont prévu de planter en alternés, sur une même rangée deux noisetiers pour un noyer. Le marché du bio est en hausse. Il existe des producteurs artisanaux qui ont réussi à fabriquer sur place des huiles, certes en quantité limitée, mais suffisante au niveau revenus, grâce à une production intégrée de noix, noisettes, colza, lin, tournesol etc, avec vente au particulier ou par internet. Concernant les variétés, Patrick Barbotin, maire de Jussy et producteur de noisettes, pourrait valablement les conseiller au niveau variétés et débouchés. Le marché est en progression avec les apéritifs.
  • Dans les zones en contre bas et humides, les propriétaires ont trouvé dans les pays nordiques des plants adaptés à ces conditions difficiles.
  • Les néfliers peuvent se greffer sur aubépine.
  • Les amélanchiers donnent des baies très recherchées par les oiseaux, mais pouvant aussi faire l’objet de transformations intéressantes
  • Compte tenu de la proximité des bois, il faudra prévoir des clôtures adaptées pour éviter les dégradations par la faune locale. Les propriétaires semblent avoir trouvé la solution chez les pépinières Naudet, avec du grillage « gaine climatic agroforesterie 1,20 m x 30 »

         Gaine Climatic agroforesterie.

 

© Texte et photos de Georges Chevaux

Espace Membre

Rechercher sur le site

Calendrier des animations 2017

« Janvier 2018 »
Lu Ma Me Je Ve Sa Di
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293031

Météo AUXERRE

Mardi

min. 9 °

max. 9 °

Risque de pluie

Mercredi

min. 10 °

max. 13 °

Nuageux

Jeudi

min. 5 °

max. 11 °

Pluie

Jardinez avec la Lune

Position de la lune Aujourd'hui

 

cliquez sur la lune

Dernières modifications