Orchidée mystérieuse

Orchidée : délicate et mystérieuse

Délicates et mystérieuses, les orchidées sont d’une infinie beauté et d’une extrème diversité. Ce sont aussi les plus résistantes des plantes à fleurs.

La famille des orchidacées compte environ 25.000 espèces répertoriées auxquelles s’ajoutent un million d’hybrides. En fonction de caractéristiques précises, elles sont réparties en 750 genres plus ou moins importants.

Leur origine 

Leur origine est difficile à déterminer. Quand la Pangée se disloqua, il y a 120 millions d’années, l’espèce existait déjà. Elle suivit le voyage des continents. Pour citer quelques exemples, le genre cypripédium colonisa l’hémisphère nord, l’Amérique du nord, l’Europe, la Russie, la Chine et le Japon ; quant au genre dendrobium, très varié lui-aussi, s’étendit en Asie du sud-est, la Chine et l’Inde.

La plupart des orchidées se trouve en Asie, bien qu’une soixantaine pousse en Europe.

Leur facilité d’adaptation leur a permis de conquérir des régions très différentes et parfois inhospitalières. Elles investissent chaque étage de la végétation : forêt tropicale, plaines, moyennes et hautes montagnes. On en trouve aussi bien aux confins des zones arides que dans les endroits semi- aquatiques

Seules, quelques espèces comme les Cattleyas occupent un territoire limité à l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud.

Leur arrivée en Europe

C’est au XVIIème siècle que la première orchidée à fleurir fut décrite. Les premiers spécimens transportés par bateaux venant de tous les continents ne survécurent pas longtemps faute de savoir les cultiver.

Des aventuriers partirent avec les explorateurs en Amérique du Sud, en Inde, dans les Andes pour prospecter les forêts encore vierges et dangereuses à la recherche de nouvelles espèces. Les plantes recueillies qui réussissaient à survivre aux mauvaises conditions d’acheminement périssaient dans des endroits mal appropriés. Il faudra attendre le XIXème siècle pour qu’un horticulteur anglais, William Cattley, réussisse les premières cultures. Le goût de l’exotisme de l’époque contribua au succès de cette plante. Des spécialistes passionnés étudièrent leur mode de vie et réussirent à les multiplier. 

Leur culture

Pour adapter les orchidées exotiques à nos pays tempérés et les voir refleurir, nous devons tenir compte des diversités climatiques dans leur pays d’origine. Pour simplifier, on distingue 3 types :

1) Les orchidées de serre froide

2) Les orchidées de serre tempérée

3) Les orchidées de serre chaude

1)  Les orchidées de serre froides, originaires des contrées d’altitude sont habituées à la brume et aux écarts de température rencontrés dans les hautes montagnes. Cymbidium, odontoglossum et quelques dendrobiums  demandent une lumière tamisée, de la fraîcheur et de l’humidité. Une température voisine de 16°C leur convient. Elles peuvent supporter une hausse de température, si la nuit leur apporte un peu de fraîcheur.

2)  Les orchidées de serre tempérée viennent surtout des zones tropicales du nouveau monde où les températures varient peu tout au long de l’année. Elles s’adaptent bien dans un appartement chauffé entre 20° à 25°C avec une hygrométrie moyenne. Il leur faut de la luminosité et surtout plus de chaleur en hiver.

3)  Les orchidées de serre chaude, quant elles, demandent un taux d’humidité supérieur à 60 %, un minimum de 25°C et de faibles écarts de température. Ces orchidées ont peu ou pas de pseudobulbes et des feuilles tendres.       

La vanille est la seule orchidée cultivée pour ses gousses utilisée en cuisine. Cette liane aux longues tiges sarmenteuses pouvant atteindre 40 m grimpe à l’assaut de son arbre hôte pour accéder à la lumière de la canopée.

La plante

Les racines

Les racines terrestres, non ramifiées, sont souvent épaisses et couvertes de poils.

Les racines aériennes des orchidées épiphytes et lithophytes, épaisses et charnues, ressemblent à des mygales ou à des serpents. Elles contiennent de la chlorophylle secondant ainsi les feuilles pour la photosynthèse. La pellicule grise qui les recouvre est composée de cellules qui absorbent comme une éponge l’humidité et les éléments nutritifs ambiants, c’est le velamen.

Les racines permettent aussi à la plante épiphyte de s’accrocher à son support.

Les fleurs

Les fleurs d’orchidées, bien que toutes différentes, ont la même structure :

une symétrie verticale, 3 sépales et 3 pétales.

Les sépales sont souvent confondus avec les deux pétales latéraux, car ils sont aussi colorés.

Le pétale central particulièrement transformé est appelé labelle.

Par ses couleurs, il attire et sert de piste d’atterrissage aux insectes ou oiseaux pollinisateurs intéressés par le nectar qu’ils trouveront au centre de la fleur dans la colonne.

Cette colonne contient les organes mâles et femelles. Le pollen, libre pour la plupart des fleurs, est chez les orchidées aggloméré et collant ce qui rend la présence obligatoire d’un intermédiaire qui l’emportera vers une autre plante en se dégageant de la fleur.

Pour augmenter leurs chances d’être fécondées, les orchidées utilisent différents stratagèmes :

n   labelle ressemblant à la femelle de l’insecte pollinisateur (abeille, araignée, mouche). L’insecte croyant avoir trouvé l’âme sœur se pose sur le labelle. En reculant, l’insecte libère le pollen qui se colle sur son dos et il l’emporte sur une autre fleur.

n   parfum diffusé au moment où l’insecte est à la recherche du nectar. Ce parfum peut différent au cours d’une journée.

La plupart des orchidées sont bi-sexuelles, mais ne peuvent pas s’autoféconder.

Quand une fleur est fécondée, des graines minuscules se forment (parfois un million). Le vent les dispersera. Les chances de les voir germer sont infimes car il faut en plus qu’un champignon soit là pour les recueillir et former une mycorhize où chacun a besoin de l’autre.

Les fleurs se développent sur une hampe florale, le racème qui peut être

        basal (cymbidium, lycaste, odontoglossum entre autres)

        apical (cattleya)

        axial (phalaenopsis, vanda)

Les feuilles

Là aussi la diversité est importante. Certaines orchidées n’en ont pas, d’autres en ont une ou un peu. Elles viennent sur les nouvelles pousses. Elles participent aux échanges gazeux et à la photosynthèse.

Leurs forme, taille et texture dépendent du milieu climatique de leur zone d’habitation.

Les orchidées à feuilles longues et souples apprécient les atmosphères constamment humides et ne doivent pas se dessécher.

Les orchidées à feuilles courtes, épaisses et coriaces sont habituées à une longue période de sécheresse et au soleil, ce qui favorise la formation des boutons floraux.

Le nom

Il est important de connaître le nom de l’orchidée que l’on achète, il renseigne sur l’origine de la plante

Le nom orchidée vient du grec orchis = testicules.

Les orchidées portent 2 noms, voire 3.

Le 1er écrit en majuscule est le genre : dendrobium, cymbidium, cattleya, etc.

Le 2nd  indique celui de l’espèce et une caractéristique particulière à la plante (niveum=blanc, bellatullum=beau)

Le 3ème est le nom de la variété, du cultivar  et si c’est un hybride, celui de l’inventeur.

Les 2 premiers noms commencent par une majuscule pour une orchidée hybride. Si le 2ème nom commence par une minuscule, l’espèce est botanique.

Pour comprendre la classification des hybrides, il faut savoir que les 2 premiers noms sont accolés :

Si une hybridation a eu lieu entre laelia et cattelya, cela donne Laeliocattleya

Epidendrum et Laelia, cela donne Epilaelia.

La croissance

Quand la croissance se fait verticalement, un seul pied développe tous les ans une nouvelle feuille formant un nouvel étage sur la tige principale qui s’allonge. C’est une croissance monopodiale typique des Vandas et phalaenopsis et autres.

Les Cattleyas et Cymbidiums, etc., sont des orchidées sympodiales. La tige s’allonge sur le sol. Des tiges renflées, véritables réserves d’eau et d’éléments nutritifs, se développent : ce sont des pseudobulbes qui prennent des formes variées selon l’espèce. Chaque année, un nouveau pseudobulbe gonfle et émet des feuilles.

La multiplication

Le semis est plutôt réservé aux experts. Les graines sont menacées par beaucoup de bactéries. Il faut la présence du champignon du genre rhizoctonia prélevé dans les racines du pied-mère ou un gel stérile enrichi en sucre pour espérer voir germer les graines.

La multiplication végétative ne fait pas appel à la sexualité.

La multiplication par divisions des touffes ou bouturage exige quelques conditions : désinfection des outils sous la flamme, chaleur au niveau des racines, compost poreux (sphagnum et billes de polyuréthane).

La multiplication ne se fait que sur un sujet.

La division des touffes est facile avec les orchidées avec pseudobulbes. Elle se fait au moment du rempotage.

Les phalaenopsis, sans pseudobulbes, forment des touffes faciles à séparer.

La nouvelle touffe doit comporter au minimum 3 pseudobulbes adultes pour reprendre plus facilement, sinon il faut attendre 2 à 3 ans pour les voir fleurir.

Chez le cattleya, le rhizome est coupé à l’automne quand la plante est au repos. Au départ de croissance, au printemps, la partie sectionnée développera de nouvelles pousses.

La séparation des rejets qui se forment à la base des orchidées monopodiales (vanda, phalaenopsis, dendrobium, etc.) s’opère quand les rejets portent des racines aériennes. On les coupe au-dessous des 4 premières racines.

Les keikis, nom hawaien signifiant bébés, se développent sur les hampes florales de certaines orchidées (vanda, phalaenopsis). Ils apparaissent quand la plante souffre et que les conditions naturelles sont perturbées. Les keikis dont les racines atteignent au moins 9 cm cumulées (3 racines de 3 cm par exemple) sont placés dans des petits pots individuels contenant un substrat adéquat, sans eau, mais dans une atmosphère très humide.

Il est possible d’induire la production de keikis. Sur une hampe florale défleurie, on nettoie un nœud, on y applique un peu d’hormone de bouturage puis on l’entoure d’un manchon de sphaigne maintenu humide sous une bande plastique. Le tout est placé au soleil direct sous une atmosphère très chaude supérieure à 25°C.

Les plantules

Parfois, sur les tiges florales, apparaissent des pousses avec feuilles et racines. On les prélève avec un petit tronçon du pied-mère pour les mettre dans un substrat pour orchidées.

Si l’on badigeonne un œil de la tige avec un peu d’hormone de bouturage, cela stimule la formation de ces pousses adventivies.

Autre solution : la bouture

La bouture de tête peut se pratiquer sur les orchidées qui poussent en hauteur. Quand des racines aériennes se forment sur la tige principale, il suffit de couper en dessous de ces racines et de placer la bouture dans un mélange d’écorces bien aéré.

Pour les vanda et dendrobium, la bouture de pousses adventives formées sur la tige défleurie se pratique de la même façon.

Les longues tiges des dendrobium coupées en tronçons de 10 à 15 cm comportant au moins 4 à 5 subdivisions sont couchées sur un lit de sphaigne humide et couvertes d’un film plastique percé de petits trous. Le tout doit être maintenu au chaud.

Texte rédigé par Micheline Dumont. 

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