Coccinelle (1)

La coccinelle (1) : une gourmande...

 

Petite certes, mignonne aussi, mais alors quel appétit !

 

La coccinelle est un coléoptère de la famille des coccinellidés.

Son nom est dérivé du grec kokkinos qui désigne un insecte aux couleurs écarlates, dont dérive le mot latin coccinus = écarlate.

 

La coccinelle se rencontre aussi bien dans les lieux humides (Amazonie, Bornéo par exemple) que dans les hautes montagnes. Environ 3.000 espèces sont répertoriées, dont 90 en France.

Il existe des coccinelles phytophages ou mycophages, mais celles qui nous intéressent le plus, la coccinella septempunctata et l’adalia bipunctata ont respectivement 7 ou 2 points noirs sur  leurs élytres.

 

 

Notre porte-bonheur colonise le verger et les plantes du jardin, quand les pucerons pullulent. Ils constituent la base de son alimentation. Cette jolie petite bête est une aide précieuse au jardinier à qui elle rend d’immenses services. Elle débarrasse les plantes de ces parasites qui se multiplient à vitesse grand V. Elle a fort à faire quand on sait qu’un puceron peut se reproduire le lendemain de sa naissance et avoir un million de descendants en une semaine !

Son utilité a été reconnue très tôt. Les Américains en ont importé, il y a plus d’un siècle en Californie, pour limiter les dégâts causés par les pucerons et les cochenilles dans leurs vergers.

 

Son portrait

 

De forme arrondie un peu ovale, dotée de 3 paires de pattes courtes et de 2 paires d’ailes (les élytres et les ailes membraneuses), la coccinelle mesure de 3,5 à 5,5 millimètres, suivant les espèces.

    Sa livrée rigide, légèrement bombée composée d’une paire d’élytres rouges ou jaunes tachés de noir protège des ailes membraneuses réservées au vol et le corps mou. Ces élytres aux couleurs vives  mettent en garde les insectes de toute tentative de capture.

    Contrairement à une idée reçue, le nombre de points qui peut aller de 2, 5, 7, 10, 12, 14, 22 à 24 ne correspond pas à son âge, mais à l’espèce. Deux espèces différentes ayant donc un nombre différent de points ne peuvent pas se reproduire.

    Elle est active le jour et se déplace surtout en marchant. Si elle se sent menacée, la coccinelle fait la morte : elle s’immobilise et rentre ses pattes ou se laisse tomber pour disparaître dans les herbes. Si cela ne suffit pas, elle provoque une saignée réflexe au niveau des pores des articulations des genoux. Il s’écoule un sang, l’hémolymphe, au goût à la fois désagréable, mais aussi toxique pour éloigner ses prédateurs.

 

Son régime alimentaire

 

    La coccinelle est carnivore à tous les stades de sa vie. La jeune larve perfore sa proie et injecte dans son corps une salive contenant un suc qui prédigère ses viscères. Il ne lui reste plus qu’à aspirer cette nourriture protéinée indispensable à sa croissance.

Aux autres stades de son développement, la coccinelle procède de la même façon, mais broie l’enveloppe de sa proie avec ses puissantes mandibules. Les thrips, aleurodes, cochenilles, autres larves et bien sûr les pucerons constituent son repas. Si la nourriture se fait rare, elle se rabat sur le nectar des fleurs.

 

Son développement

 

    Comme tous les insectes parfaits, la coccinelle passe par 4 stades : œuflarvenymphe et adulte.

 

Au printemps, réveillées par les premières chaleurs, les coccinelles s’accouplent.

Deux semaines plus tard et pendant plusieurs mois, la femelle cherche une plante hôte déjà infestée de pucerons pour y déposer sous les feuilles ses œufs orangés en petits paquets.

 

Au bout d’une semaine d’incubation, des larves sortent.

Elles sont très différentes de l’adulte, mais tout aussi voraces. Elles ne mesurent qu’un millimètre à la naissance, sans ailes et aveugles. Leur corps gris bleu est fuselé. Elles partent tout de suite à la recherche de pucerons.

    La larve se développe en 4 stades marqués par 3 mues en 15 jours/3 semaines, selon les conditions environnementales : température, quantité de nourriture disponible, etc.

Durant cette période, elle mangera de plus en plus de pucerons.

 

Au 1er stade : Une larve de coccinelle à 7 points mange une dizaine de pucerons par jour. Déjà pas mal !

 

Au 2ème stade : Après la 1ère mue, elle en consomme entre 30 et 40. Beaucoup plus que son poids !

 

Après la 2ème mue, au 3ème stade, il lui en faut une soixantaine. Quel estomac !

 

Au dernier stade larvaire : Elle dévore jusqu’à 150 pucerons par jour suivant sa taille. Quelle affamée !

 
Au  4ème stade larvaire, son corps couvert de verrues et d’épines est d’un aspect plutôt repoussant. Sa voracité s’explique par le fait qu’elle doit constituer des réserves avant de se nymphoser.

 

   Elle cesse de s’alimenter et s’immobilise, suspendue sous une feuille pendant environ une semaine. Elle ressemble alors à une larve recroquevillée : la nymphe.

Elle perd son enveloppe larvaire, sa cuticule durcit et s’assombrit.

Au bout d’une semaine d’intenses transformations, la nymphose est achevée.

 

La cuticule se fend, un adulte tout pâle et mou apparaît. Durant les heures qui suivent, les élytres relevés et les ailes membraneuses déployées sèchent et durcissent. Les couleurs et les points se révèlent au bout de 2 jours.

 

Généralement, une génération voit le jour en une année. Cependant, suivant les conditions climatiques et l’apparition des jeunes adultes, il peut parfois y avoir une seconde génération d’adultes qui naît en automne, juste avant de partir se réfugier dans un lieu favorable à l’hivernation.

 

 

Ses prédateurs

 

Divers oiseaux insectivores, des petits rongeurs, des fourmis et des araignées s’attaquent à la coccinelle à tous les stades de sa vie.

 

 

Ses occupations au cours de l’année

 

Au printemps, réveillées par les premières chaleurs, les coccinelles s’activent à la recherche de nourriture ou d’un partenaire en vue de l’accouplement (mai-juin). Environ 15 jours après la fécondation, la femelle pond environ 50 œufs par jour qu’elle abandonne ensuite. Le nombre d’œufs est régulé par la quantité de pucerons disponible. Une femelle pond entre 500 et 2.000 œufs au cours de sa vie qui dépasse rarement un an.

 

Tant que les pucerons ou autres proies sont nombreux et qu’il ne fait pas trop chaud, les coccinelles débarrassent les végétaux de tous ces insectes suceurs de sève. Ensuite, elles abandonnent les cultures et volent à la recherche de fraîcheur qu’elles trouvent dans les prairies d’altitude moyenne (600 à 800 mètres). Elles utilisent les courants ascendants d’air chaud pour se déplacer sans trop d’efforts.  

 

Dès les premiers froids, les coccinelles se regroupent dans les fissures d’un mur, sous des écorces, sous un amas de feuilles sèches ou de mousses, à l’abri du vent et de la pluie.

On peut favoriser leur installation en construisant un petit abri composé d’une pile de plaques de bois espacées de quelques millimètres.

 

Il est aussi possible d’acheter des larves pour les relâcher au moment propice sur les végétaux attaqués par des nuisibles.

  

GLOSSAIRE

Elytre : aile coriace protégeant les ailes membraneuses

Nymphe : état intermédiaire entre la larve et l’insecte arrivé à son complet développement, capable de se reproduire

Mandibules : pièces buccales plus ou moins développées

 

Les photos sont tirées du site wikipédia , la photo 3 est d'Ironchris 

Texte rédigé par Micheline Dumont.

 

 

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