Fourmis

Fourmis : priorité à l'organisation

 

Qui ne les a pas rencontrées dans les maisons, les parcs ou jardins, sur terre, dans les herbes ou sur les troncs des arbres, en forêt... ?


Mais nous ne connaissons peut-être pas tous leur mode de vie et leur comportement.
 

On trouve des fourmis dans toutes les régions du monde et elles se sont adaptées à tous les milieux terrestres et souterrains (sauf les milieux aquatiques et les zones glaciaires permanentes).
Il existe environ 11.000 espèces différentes dont 8 800 seulement sont identifiées.
En France, on en dénombre 160 espèces.
Ce sont des insectes de l'ordre des hyménoptères et de la famille des formicidés.

Sujets abordés dans cet article :

          1)  DESCRIPTION ET MORPHOLOGIE
          2)  ORGANISATION
          3)  COMMUNICATION

          4)  REPRODUCTION
          5)  DEVELOPPEMENT
          6)  NOURRITURE
          7)  MODE D'ALIMENTATION
          8)  LES PREDATEURS
          9)  QUELQUES ESPECES COMMUNES EN FRANCE
          10) UTILES OU NUISIBLES ?
          11) LUTTE CONTRE LES FOURMIS DANS LES JARDINS ET LES VERGERS

                               1) Description et morphologie

Comme pour tous les insectes, leur corps est divisé en 3 parties : la tête, le thorax et l'abdomen.
La tête porte :
*Deux antennes utilisées pour la communication. Elles leur permettent de percevoir des informations comme l'odeur, la texture, le goût des objets et ainsi de trouver leur nourriture , de reconnaître leurs amis ou ennemis .
*Deux yeux composés de multiples facettes. Leur champ de vision s'étend ainsi sur 180°.
Les femelles et les mâles possèdent en plus trois ocelles (petits yeux simples) disposés en triangle au sommet de la tête. Certaines ouvrières peuvent être aveugles.

*Des mandibules plus ou moins développées selon les espèces et les castes.
Elles leur servent à saisir et à broyer la nourriture. Elles font aussi office de pinces, d'armes de préhension et d'outils.

*Des palpes qui sont des organes tactiles, gustatifs, préhensiles. Ils leur permettent d’apprécier le goût et la texture des aliments.

Le thorax (partie située entre la tête et l'abdomen) porte :
- Les pattes Les fourmis étant des insectes, elles possèdent 6 pattes terminées par des griffes. Elles lui permettent de se déplacer.
A l'aide de ses pattes antérieures, la fourmi peut saisir des objets.

- Les ailes Seuls les mâles et les femelles sexués en possèdent.
- Le pétiole est une sorte d'étranglement situé entre le thorax et l'abdomen.
Il peut être comparé à notre taille et donne de la souplesse au corps des fourmis.

L'abdomen est la partie postérieure du corps. Il peut porter un aiguillon.

La durée de vie des fourmis est de quelques mois pour les mâles et de plusieurs années pour les ouvrières et la reine.
Les fourmis produisent naturellement, notamment pour protéger leurs œufs, des insecticides, des fongicides, des bactéricides, des virucides et des molécules complexes dont les fonctions ne sont pas toutes connues.

                                            2) Organisation

La société des fourmis est organisée en différentes castes. Il y en a deux principales qui se subdivisent ensuite :
- La caste des reproducteurs sexués : femelles (future reine) et les mâles
- La caste des ouvrières

A) La caste des reproducteurs:
1) Les fourmis femelles
A sa naissance, la fourmi femelle porte des ailes et des ocelles sur la tête.
Elle est plus grosse et plus grande que les autres individus de la fourmilière.
Après fécondation, elle devient une reine.
La reine vit recluse au plus profond de la fourmilière et ce durant toute sa vie. C'est la seule à pouvoir pondre des oeufs. Elle peut vivre 10 à 15 ans.
2) Les fourmis mâles
Ils ne servent que pour la reproduction.
Ils sont plus petits que les femelles, mais plus gros que les ouvrières.
Ils portent des ailes et des ocelles.
Ils sont inactifs et restent au fond de la fourmilière jusqu'au vol nuptial.
Peu après l'accouplement, ils meurent.

B) La caste des ouvrières
Dans la fourmilière, les ouvrières sont les plus petites et les plus nombreuses.
Elles sont stériles, sans ailes et passent la totalité de leur vie à veiller au bon fonctionnement de leur société. Elles se répartissent en groupes qui ont chacun une tâche précise à effectuer :
* Les nourrices s'occupent de la reine et du couvain. Elles les nourrissent et les nettoient. Elles déplacent les oeufs, les larves et les nymphes pour les mettre à l'abri lors de danger ou de variations de température.
* Les ouvrières d'entretien  sont comme des "femmes de ménages". Elles construisent la fourmilière et l'entretiennent.
* Les « approvisionneuses » sont chargées de chercher et de ramener de la nourriture

* Les soldats sont dotés de grandes mandibules et s'occupent de la surveillance et de la protection du nid.

                                      3) Communication

Elle peut être chimique, sonore, tactile, visuelle.
A) Communication chimique
Les fourmis possèdent des glandes qui sécrètent des substances chimiques telles que les phéromones. Ce sont des substances chimiques volatiles comparables aux hormones et qui fonctionnent comme des signaux chimiques.
Il existe différentes sortes de phéromones :

- Les phéromones de guidage sécrétées par la glande de Dufour et déposées sur le sol par l'extrémité abaissée de la région abdominale qui sert de stylet.
Cette substance permet aux fourmis de suivre une piste pour retrouver le nid ou une source de nourriture ; pour cela elles utilisent une fourmi qui balise le chemin.

- Les phéromones d'alarme sécrétées par les glandes mandibulaires servent à donner l'alerte ou à appeler les fourmis au rassemblement. Elles suscitent une effervescence intense à l'ensemble du nid.
Toutes ces phéromones tiennent un rôle fondamental dans la communication. Lorsque ces substances odorantes sont rejetées et déposées sur le sol par une fourmi éclaireuse, une autre fourmi peut comprendre et déchiffrer le message grâce à ses antennes.

B) Communication sonore
Les fourmis envoient une stridulation produite par des mouvements du thorax en utilisant un muscle comme un grattoir. Ce son est ensuite capté par une autre fourmi.

C) Communication tactile
En se frôlant ou en se touchant les antennes, les fourmis peuvent aussi communiquer.

                                    4) Reproduction

Seule la reine se reproduit, les ouvrières elles, sont stériles et se sacrifient pour la colonie. Au milieu de l'été, souvent par temps chaud et orageux, les individus ailés (mâles et femelles) prennent leur envol.
On observe alors à la surface des fourmilières, ainsi que sur la végétation alentour, une foule d'individus ailés courant dans tous les sens en proie à une agitation fébrile : ce sont les sexués.
Ils grimpent le long des tiges et, arrivés au sommet, s'élancent dans l'air. En général, les mâles s'envolent en premier, suivis bientôt par les femelles.

Le vol nuptial est toujours de brève durée, une heure au plus, et chaque femelle s'accouple pendant ce temps avec une dizaine de mâles.
Elle accumule ainsi dans sa spermathèque une réserve de spermatozoïdes qui lui servira jusqu'à la fin de ses jours. La fécondation d'une reine ne se fait donc qu'une fois pour toute la durée de sa vie, sauf pour les reines de Dorylides, Anomma et Eciton qui sont toujours accompagnées de mâles qui les fécondent périodiquement.

La plupart du temps, l'accouplement s'effectue en l'air chez les petites espèces où la femelle est bien plus grande que le mâle. Celle-ci emporte son compagnon sur le dos (parfois plusieurs mâles en même temps).

Les espèces plus grandes ou celles, dont la taille des deux sexes est semblable, s'accouplent au sol.

L'essaimage s'accompagne d'une véritable hécatombe : les mâles périssent dans les deux ou trois jours qui suivent le vol nuptial ainsi que les femelles non fécondées.
Quant aux reines, elles sont la proie de prédateurs comme les oiseaux ou les insectes entomophages (qui de nourrissent d'insectes).
En définitive, seul un nombre infime d'entre elles réussira à fonder une colonie.

Une fois fécondées, les femelles qui sont devenues des reines, vont à la recherche d'un lieu favorable pour fonder une nouvelle société.
Elles perdent leurs ailes. Elles creusent une chambre souterraine où elles se tapissent.

En attendant que ses premiers oeufs deviennent fourmis adultes et puissent par conséquent la nourrir, la reine mange les muscles qui ont tenu ses ailes et si cela ne suffit pas à la rassasier, elle croque même quelques-uns de ses oeufs.
Au bout d'un an environ, les premières fourmis adultes sont là et vont pouvoir s'occuper de la colonie. La reine n'aura alors pour seule tâche que pondre et elle sera nourrie et dorlotée par les nourricières.
La fourmilière atteindra sa maturité quelques années plus tard et produira alors des individus sexués et ailés.

                                  5) Développement

Durant leur vie, les fourmis passent par 4 stades : oeuf, larve, nymphe, adulte.
Les oeufs ont une taille minuscule et sont de couleur variable : blancs ou jaunâtres.
L'éclosion donne naissance à des larves blanches, dépourvues de pattes et immobiles. Elles sont nourries, protégées et nettoyées par les ouvrières nourricières.
Pour que cette cohésion de la société soit conservée les larves sécrètent une substance à la surface de leur corps, substance que les nourrices lèchent avec grand plaisir et qui les retient auprès des larves.

Au bout d'un certain temps qui varie de plusieurs semaines à plusieurs mois, les larves se transforment en nymphes (enfermées ou non dans un cocon) qui ne sont pas nourries et qui subissent de profondes mutations (des pattes, antennes et de petits yeux noirs apparaissent).
De la nymphe sortira un individu adulte.

En cas de danger , les fourmis fuient. Si l'ennemi est proche, pour se défendre, certaines fourmis peuvent le mordre, d'autres peuvent se dresser sur les 2 pattes arrière et projeter un jet d'acide formique.
Si la fourmilière est attaquée, les fourmis se pressent de mettre à l'abri le couvain.

                                        6) Nourriture

Les fourmis sont, pour la plupart omnivores, et leur régime alimentaire est relativement varié parce qu'elles peuvent l'adapter aux ressources du milieu.

- Elles sont particulièrement friandes de sucré, de nectar, de baies, de graines et de miellat.
Le miellat est un excrément liquide, riche en sucres et en acides aminés, sécrété au niveau de l’anus.
C’est un apport nutritif très complet utilisé pour le bon développement des larves.
Pour prendre le miellat, les fourmis grimpent sur des plantes pour y trouver des pucerons dont elles caressent l'abdomen avec leurs antennes. Les pucerons stimulés évacuent par leur orifice anal une goutte transparente que les ouvrières aspirent avidement.

A l'exception de quelques espèces qui lèchent le miellat au hasard des rencontres, les fourmis font un élevage intensif des pucerons.
Elles les protègent des prédateurs (coccinelles, acariens, punaises, …), les bichonnent, les lavent, prennent grand soin de leurs œufs et les déplacent sur les pousses en voie de croissance, gorgées de sève.

Certaines espèces vont même jusqu’à les abriter à l’aide de parois constituées de terre ou de carton. D'autres les emportent dans leur nid pour les traiter comme les membres de la colonie.

- Elles sont également friandes d’insectes qu’elles mordent et tuent en les empoisonnant à l’acide formique, par l’intermédiaire de leur aiguillon. Elles les emportent ensuite dans la fourmilière pour les partager avec les autres. (En colonie, les fourmis noires peuvent capturer jusqu'à 10.000 insectes par jour).

                                       7) Mode d'alimentation

Les fourmis qui rapportent la nourriture sont chargées de nourrir leurs compagnes restées dans la fourmilière et les larves. Pour cela, elles effectuent une sorte de bouche à bouche, appelée trophallaxie

Les fourmis possèdent deux estomacs :
* le gésier est destiné au fonctionnement de leur propre métabolisme.
* le jabot (ou estomac social), le plus proche de la bouche, est utilisé pour stocker de la nourriture prédigérée qu'elles pourront régurgiter facilement à l'usage exclusif d'autres ouvrières qui n'ont pas le temps, ni les moyens d'aller se nourrir elles-mêmes.
Ce système permet à certaines fourmis de se consacrer entièrement à une tâche donnée sans avoir à s'interrompre pour partir en quête d'aliments.

Pour signaler à une de ses compères qu'elle a faim, la fourmi vient lui tapoter doucement sur la tête avec ses antennes. Celle-ci va coucher ses antennes en arrière et va lui régurgiter directement dans la bouche la nourriture stockée dans son jabot.
Lorsque la régurgitation s’effectue, la substance contenue dans le jabot remonte le long de l’œsophage pour être régurgitée et une autre partie va dans le gésier, assurant donc également l’alimentation propre à la fourmi.

Cette trophallaxie n’est pas seulement un échange de nourriture, mais c’est un acte social permettant des stimulations chimiques qui sont génératrices de complaisance sociale. Il en découle un resserrement des liens sociaux.

                                               8) Les prédateurs

* En Europe, citons : les oiseaux (faisan, pivert, étourneaux, torcol, ...), certains insectes (coléoptères), des araignées, des grenouilles, des crapauds, des lézards, des serpents qui remontent les pistes odoriférantes des fourmis.

* Quelques mammifères ont des griffes acérées et fortes, ainsi qu'une longue langue gluante pour éventrer les fourmilières et en extraire le contenu. Ces mammifères sont l'oryctérope africain, le tamanoir et le fourmilier, le pangolin de l'Afrique et de l'Asie et l'échidné australien.


* Les fourmis-lions ne sont pas des fourmis. Ce sont des insectes qui ont une tête avec des antennes relativement courtes et de grandes ailes membraneuses le long de l'abdomen qui les font ressembler aux libellules. Ce sont des insectes crépusculaires ou nocturnes. Ils fréquentent les biotopes chauds et secs et on en rencontre une quarantaine d'espèces en Europe. Les larves de certaines espèces creusent des pièges en entonnoir dans le sable. Presque complètement cachées, elles ne laissent dépasser que la tête et les monstrueuses mandibules. Dès qu'un petit insecte comme la fourmi est repéré, elles lancent contre lui des grains de sable en se servant de leur tête comme d'une petite pelle jusqu'à ce que la victime roule au fond de l'entonnoir où elle est immédiatement capturée. 

* Quelques chenilles myrmécophages (se nourrissant de fourmis) sécrètent une phéromone qui fait que les fourmis prennent la larve pour une des leurs. Les chenilles sont alors emportées dans le nid où elles peuvent se nourrir des larves.         

* Les fourmis peuvent laisser certaines espèces de parasites s'introduire à l'intérieur de leur colonie. Voici deux exemples étonnants : le Paussus et la Lomèchuse. 
Le Paussus est un petit coléoptère qui utilise une tecnique étrange : il s'introduit sans risque dans la fourmilière, car les ouvrières paraissent l'adopter d'emblée. Il tâte lentement le corps d'une fourmi, mais ne maintient sa prise que s'il est parvenu à saisir l'abdomen. Il commence alors sans se presser à le dévorer sans que l'ouvrière ne se défende le moins du monde. Elle replie ses pattes et tâte de temps en temps les antennes de son bourreau. Les fourmis voisines ne prêtent aucune assistance à leur soeur qui mourra sans que la tranquilité de la colonie ne soit troublée. Le Paussus n'aura plus qu'à trouver une autre victime
.

La Loméchuse : est un petit coléoptère de la taille d'une fourmi qui s'introduit dans le nid des fourmis rousses. Les fourmis cherchent à le malmener mais, en se retournant, le coléoptère leur présente des poils sécrétoires qu'il porte à l'extrémité de l'abdomen, les trichomes. Ils sécrètent une liqueur dont les fourmis sont très friandes et qui les intoxique très vite comme une drogue. Les ouvrières, au lieu de soigner le couvain, ne s'occupent plus qu'à lécher les trichomes ; elles nourrisent les Loméchuses et élèvent leurs larves. Celles-ci dévorent les larves de fourmis qui se trouvent à proximité, sans que les ouvrières fassent le moindre effort pour les en empêcher. Les larves de fourmis, mal nourries, avorteront ou donneront naissance à des adultes mal conformés, et peu à peu, la fourmilière se réduira à une poignée d'individus gravement intoxiqués. Les Loméchuses les abandonnent alors pour chercher une autre colonie.

Il existe beaucoup d'autres espèces qui tuent ou qui simplement se servent des fourmis. Il a été dénombré plus de 3.000 espèces de parasites

                   9) Quelques espèces communes en France

* Les fourmis noires des jardins ou fourmis brunes(LASIUS NIGER) mesurent de 3 à 4 mm (tête grosse, thorax étranglé entre le deuxième et troisième anneau). Elles sont très communes sur toute la France. Elles vivent dans le sol, sous une pierre, sous l'écorce d'un arbre ou dans une vieille souche. Elles forment souvent un petit monticule au-dessus de leur nid. Elles consomment principalement du miellat mais aussi des insectes morts, du nectar de fleur, des graines.

* Les fourmis des gazons (TETRAMORIUM CAESPITUM) : mesurent de 3 à 4 mm.
On les trouve partout. Leur corps est allongé de couleur brun foncé ; les mandibules, les antennes et les pattes sont jaunes. Elles apprécient les lieux recouverts par une faible végétation. On les trouve dans nos jardins, nos prairies ou dans les forêts. Elles peuvent installer la fourmilière dans les racines des plantes. 


* Les fourmis jaunes des prés (LASIUS FLAVUS) mesurent de 1,7 à 4 mm.
On les rencontre dans des prairies humides, au bord des rivières, sur des tas de terre. Encore une espèce commune de notre faune. Nids en forme de monticule de terre de +/- 30 cm de haut. On les rencontre même avec d'autres fourmis. Elles vivent sous terre et leur alimentation principale est la miellée de pucerons vivant sur des racines.

* Les fourmis rouges (MYRMICA RUBRA) mesurent 4 à 5 mm. Elles sont de couleur jaunâtre à rouge brun et possèdent un aiguillon. Leurs piqûres sont douloureuses.
Elle vivent dans les bois, les prairies, les jardins, dans la terre ou sous des pierres et souvent elles érigent un petit monticule. Comme d'autres fourmis, on les rencontre aussi dans des bois morts, des souches et sous les écorces. On trouve parfois une colonie entière dans de gros bois tombés à terre. Elles se nourrissent d'insectes, morts ou vivants : les larves ont besoin de cette protéine pour se développer. Le sucre des plantes est plutôt consommé par les ouvrières et les reines.

* Les fourmis rousses (FORMICA RUFA) mesurent 6 à 9 mm.
Elles vivent dans les forêts de conifères, mais aussi de feuillus. On reconnaît le grand dôme qu'elles forment au-dessus de leur fourmilière et qui est fait de brindilles, de feuilles et d'aiguilles de conifères.
Elles jouent un rôle important en consommant de nombreux insectes. Elles sont protégées dans plusieurs pays d'Europe, et ont été implantées dans des forêts où elles n'étaient pas présentes.

* Les fourmis noires des bois (LASIUS FULIGINOSUS) mesurent de : 4 à 6 mm. Elles ont le corps brillant. Elles vivent dans de vieux arbre creux.
Particularité de ces fourmis: leur nid en "carton" que l'on trouve dans un arbre creux ou dans une souche, une racine. De plus les ouvrières construisent des chemins couverts un peu comme les termites. On rencontre ces fourmis dans nos forêts, dans les parcs etc. Omnivores, elles apprécient fortement la miellée issue des pucerons. Elles consomment également les filaments des champignons qui tapissent les nids de carton. Ce carton est composé de bois, de glaise et de "salive".

* Les fourmis des bâtiments ou les fourmis pharaon (MONOMORIUM PHARAONIS). Elles vivent exclusivement dans les bâtiments chauffés et, grâce à leur petite taille, nichent souvent dans les fissures des murs, derrière les boiseries (hôpitaux, boulangeries, ...). De couleur très pâle et très petites, on ne les remarque presque pas. Elles passent inaperçues. Une fois repérées, vous êtes sûr d'en avoir dans tout le bâtiment en grand nombre. Cette espèce ne résiste pas à l'hiver aussi elle vit uniquement chez nous dans les serres, les hôpitaux, dépôts, maisons, dans les coins, les fissures, les planchers etc..On lui attribue la faculté de transporter des bactéries... Dans votre cellier ou pire encore dans un hôpital c'est vraiment une espèce indésirable. On trouve souvent de nombreux nids avec de nombreuses reines dans un même lieu. Ce serait l'homme qui au cours de ses voyages aurait répandu cette espèce dans le monde entier. Elles sont omnivores.

                        10) Fourmis utiles ou nuisibles ?
Les fourmis ont des fonctions essentielles pour la vie des écosystèmes :

  * De nombreuses espèces décolmatent et acidifient le sol rendant mobilisables des nutriments autrement moins disponibles (azote, potassium, phosphore), enfouissent de la matière organique, et remontent en surface un sol fragmenté en petites particules propices à la croissance des graines. Les fourmis contribuent à la fois à homogénéiser et aérer le sol, à l'enrichir en surface et en profondeur (par exemple à proximité des dalles, elles peuvent transformer le sable stérile en sol vivant).


  * Elles participent à la dissémination des graines de toutes sortes de plantes.

  * Elles font disparaître les petits cadavres d'animaux. En nettoyant rapidement les cadavres (dont elles ne laissent souvent que les os, cuticules dures), elles empêchent la libération dans l'environnement de nombreux microbes pathogènes.
On estime que 90 % au moins des cadavres d’insectes, dans la nature finissent dans des fourmilières, avant d'être recyclés dans le sol.

  * Elles fécondent des fleurs et peuvent éloigner de leur pétales, certains insectes prédateurs.

  * Elles limitent les populations de chenilles, mais aussi de mouches, grillons, sauterelles, blattes, araignées, scolopendres  et de larves d'insectes indésirables.

  * L’industrie, pharmaceutique s’intéresse aux nombreuses substances synthétisées par les fourmis.

Certaines espèces, comme les fourmis rousses des bois, jouent aussi un rôle écologique important dans la nature, en aérant le sol ou en recyclant les cadavres et détritus.

  * Comme tous les êtres vivants, les fourmis font partie de chaînes alimentaires complexes. Elles constituent ainsi le menu de choix par exemple pour les fourmis-lions, les pics, etc...

Il est vrai qu'elles deviennent indésirables 

* quand elles pénètrent dans les maisons et dans les placards.
* quand elles s'installent dans les racines des plantes
* quand elles élèvent des colonies de pucerons dans les plantes et dans les arbres
* quand elles sont en trop grand nombre

En France elles ne représentent pas de danger et sont rarement nuisibles.

           11) Lutter contre les fourmis dans les jardins et vergers

La plupart du temps, les fourmis ne sont pas gênantes.
Connaissant leur mode de vie et leurs points faibles, on peut essayer si besoin est de les détourner ou de réduire leur nombre.

A) détourner les fourmis
* Pour faire barrage aux fourmis qui montent dans les arbres pour élever des pucerons dans les feuilles tendres, placer des collants (bandes de tissu recouvertes de gomme de résine naturelle) autour du tronc ou ceinturer le pied avec de la laine vierge non filée.
Un semis dense de cresson alénois réalisé très tôt au printemps, au pied de l'arbre, repousse les fourmis.

* Certaines plantes sont répulsives : absinthe, mélisse, lavande, laurier sauce, menthe, noyer, marjolaine, tomates, tanaisie.
Elles peuvent être employées fraîches sur la fourmilière ou sur le trajet des fourmis, ou sous forme d'extraits végétaux : absinthe, menthe, noyer, tanaisie en décoction – absinthe, mélisse, lavande, menthe, tanaisie en infusion. (Cela perturbe le système de communication olfactif des fourmis).

* On peut saupoudrer de coquilles d'oeufs, de poudre d'os, de talc, de cendres de bois, de fleur de soufre, de farine de sang, de marc de café directement sur les fourmilières (certains de ces produits ne sont efficaces que par temps sec !).

* Un nid de fourmis qui est mal situé, peut être enlevé à la pelle et déposé à un autre endroit.
On peut piéger une partie de la fourmilière en retournant un pot de terre sur celle-ci. Les conditions de chaleur étant changées, les fourmis vont "déménager" dans le pot et il sera alors facile de les prélever.

Pour retirer un nid de fourmis installé dans un pot de plante, il faut inonder la terre du pot. Placer près du pot un contenant avec un peu de terre ou du compost. Créer un pont entre le pot et ce contenant à l'aide d'un bout de bois ou d'un autre objet.
Quand l'eau montera dans la terre, les fourmis sortiront en emportant le couvain avec elles. Elles tenteront d'échapper à l'inondation en empruntant le pont artificiel. Lorsqu'elles seront dans le contenant, les "déménager".
Répéter l'opération au besoin.

B) Réduire le nombre des fourmis ou les éliminer
  - Une autre méthode plus expéditive consiste à inonder la fourmilière avec de l'eau ou de l'eau bouillante (opération à répéter quelques jours plus tard), de l’eau savonneuse, de l’eau salée ou de l’eau (350 ml) mêlée à 30 ml d’acide borique.

 - En dernier recours et si cela est indispensable, on peut utiliser des insecticides.
De nombreux magasins vendent ces produits sous forme de liquide, de poudre (à épandre ou à dissoudre dans de l'eau) ou de boîteà appât.
Mais ce sont des produits toxiques et à risques pour l'environnement et les animaux.
Il faut bien lire la composition avant de l'acheter et suivre scrupuleusement le mode d'emploi indiqué.
Les insecticides à base de pyrèthre ou d'acide borique sont les moins dangereux.
L'acide borique est un dérivé du borax qui est un minerai naturel. Il agit comme poison dans l'estomac des insectes qui l'ingèrent. La mort survient après plusieurs jours.

Comment fonctionne l'appat ? Les ouvrières avalent le produit et l'apportent dans leur nid pour nourrir les autres fourmis adultes et le couvain. Le poison est ainsi transféré au reste de la colonie.
Cette méthode fonctionne grâce à la trophallaxie. Il est à noter que les reines survivent plus longtemps, car elles sont plus grosses et ont besoin de plus de nourriture que les ouvrières.
Elles deviennent cependant très vulnérables quand il n'y a plus d'ouvrières pour s'occuper d'elles. Les nymphes, qui ne se nourrissent pas, survivent aussi au début du traitement. Il est donc important de le poursuivre assez longtemps si on veut éliminer toute la fourmilière.

     Précautions à prendre quand on manipule ces produits

- Il est préférable de porter des gants, des vêtements longs et des lunettes lors de l'application du produit, car il peut être irritant pour la peau et les yeux. 
- Dans le cas d'une formulation en poudre, il faut éviter d'inhaler le pesticide (le port d'un masque est souhaitable).
- Il vaut mieux ne pas traiter par une journée venteuse ou pluvieuse afin de limiter les risques de dérive et de lessivage du produit.
- Il faut éviter d'appliquer les formulations en poudre ou en liquide près des racines des plantes car il existe un risque de dessèchement des végétaux et (ou ) de perturbation de la photosynthèse.
- Il ne faut pas appliquer le produit à proximité d'un plan d'eau, d'un cours d'eau ou d'un milieu humide. 
- Il faut éviter de contaminer l'eau des égouts en y jetant le surplus d'insecticide ou en rinçant le matériel d'application.
Le produit doit être gardé hors de la portée des enfants


Recettes d'appâts à l'acide borique
L'acide borique en poudre est disponible dans le commerce.
Il n'est pas recommandé d'utiliser ce produit en présence de jeunes enfants ou d'animaux domestiques.
 - Mélanger 750 ml (trois tasses) d'eau, 250 ml (une tasse) de sucre et 20 ml (4 c. à thé) d'acide borique.
 - Verser une tasse de ce mélange dans six petits pots (de type pot de nourriture pour bébé) couverts de ruban gommé. Le ruban donne une prise aux fourmis pour grimper.
 - Tasser légèrement du tissu en coton ou en laine dans les pots et saturer le tout avec le liquide.
 - Fermer les pots avec leurs couvercles et sceller avec du ruban adhésif.
 - Percer le centre des couvercles de deux ou trois trous.
 - Étiqueter avec un dessin de tête de mort.
 - Placer les pots sur le passage des fourmis ou près de la fourmilière.

Pour en savoir plus au sujet des fourmis et trouver des photos, voici quelques sites :

http://www.fourmis.org/           étude des fourmis, élevage et photos

http://membres.lycos.fr/dmouli/       site entièrement consacré aux fourmis et très documenté

http://aramel.free.fr/INSECTES14ter-4.shtml    pages consacrées aux fourmis dans un cours illustré d'entomologie

Les photos ont été prises sur le site de www.wikipedia.org

http://fr.wikipedia.org/

 

Article rédigé en 2007 par Chantal et Christian DELBOS.
 

 

 

  

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