Puceron

Puceron : au potager et au verger

          1 Description
          2 Reproduction
          3 Alimentation
          4 Les ennemis naturels
          5 Les dégâts
          6 La lutte
          7 Facteurs de développement et de régression 
          8 Quelques espèces communes

                                1 Description
Ce sont de petits insectes (de 1 à 4 mm) au corps mou en forme de poire. Ils sont verts, roses, rouges, noirs, bruns, jaunes, pourpres ou noirs.
Certaines espèces sont comme poudrées (couche protectrice de couleur blanchâtre). Elles sécrètent une cire blanche qui apparaît sous la forme de filaments, de flocons, de rubans (et donne parfois l'impression que ces insectes sont cachés sous une fine laine blanche) et qui recouvre les colonies d’une masse duveteuse, ce qui leur vaut le nom de pucerons lanigères.

 

La tête porte une paire de longues antennes situées à l'avant, entre les yeux.
Les pièces buccales forment un rostre suceur articulé qui est tenu sous le corps lorsque l'insecte ne se nourrit pas. Il est parfois si long qu'il dépasse l'abdomen du puceron chez certaines espèces.

Le thorax porte six pattes fines. La grande majorité des pucerons adultes sont aptères (sans aile), sauf les mâles ainsi que certaines femelles appelées à changer de plante hôte.
Les deux paires d'ailes des pucerons sont membraneuses et transparentes.
Les ailes antérieures sont plus grandes que les postérieures. Au repos, elles imitent la forme d'un toit au-dessus du corps de l'insecte.

L'abdomen porte à son extrémité une sorte de queue, la cauda, qui sert à diriger l'écoulement du miellat, une substance sucrée qui sort de l'anus.
Sur l'abdomen se dressent aussi, chez plusieurs espèces, deux structures en forme de tubes qui portent le nom de cornicules.
Les cornicules sont des organes de défense des pucerons.
À leur extrémité se trouve un couvercle à charnière qui fonctionne par contraction musculaire.
Lorsqu'un prédateur dérange un puceron, les cornicules peuvent produire une goutte de substance cireuse qui se solidifie à l'air et sert à coller les pièces buccales de l'ennemi. Elles peuvent également émettre des substances (phéromones d'alarme) pour avertir les autres pucerons du danger.

                                   2 Reproduction
Le cycle est différent selon qu'il se produit sur une seule plante hôte ou sur deux plantes hôtes.
A) Cycle qui se déroule sur la même espèce de plante hôte ou sur des espèces très voisines (même genre, même famille). C'est le cas du puceron vert du pommier.
Ces espèces de pucerons hivernent sous forme d'œuf dans les écailles des bourgeons, dans les fentes de l'écorce des arbres ou arbustes, à proximité du sol sur les plantes pluriannuelles.
* Au printemps, des femelles appelées fondatrices sortent des œufs. Elles sont aptères (sans ailes).
Ces femelles, sans être fécondées (parthénogenèse), donnent directement naissance, six à 10 jours plus tard (à 20°C), à des pucerons vivants (reproduction vivipare).
Tous ces petits pucerons qui subiront 4 mues en 6 à 10 jours sont des femelles aptères qui se reproduisent elles aussi par parthénogenèse (reproduction sans fécondation).
Les pucerons sont très féconds et se multiplient donc extrêmement vite.

Expérimentalement, un puceron peut donner naissance, en moyenne, à 30 larves qui atteignent la maturité sexuelle après 14 jours de développement. 
Neuf générations peuvent se succéder durant une année.
* En automne
, apparaissent des individus sexués (mâles ailés et femelles aptères) qui s'accouplent.
Les femelles pondent des œufs qui passeront l'hiver à l'abri.

Des pucerons ailés apparaissent périodiquement (selon la densité des populations et les conditions climatiques, souvent d'avril à juillet) et se dispersent au gré du vent sur d'autres plantes hôtes de la même espèce, afin de produire de nouvelles colonies.

B) Cycle qui doit se dérouler sur 2 plantes hôtes botaniquement différentes. C'est le cas du puceron cendré du pommier.
- La première partie du cycle est similaire à celle du cycle du puceron vert du pommier, le pommier étant l’hôte primaire.
- De fin mai à fin juillet, des individus ailés apparaissent et émigrent sur des plantains hôtes secondaires, alors que sur les pommiers les colonies disparaissent.
Plusieurs générations parthénogénétiques s’y succèdent.
- De septembre à novembre, de nouveaux pucerons ailés apparaissent et effectuent une migration de retour sur le pommier. Ils seront à l’origine de la ponte des œufs qui hiverneront.

Quelques autres exemples :
Le Puceron vert du pêcher : 
                       - hôte primaire : le pêcher, 
                       - hôtes secondaires: une foule de plantes potagères, florales. 
Le Puceron noir de la fève : 
              - hôtes primaires : le fusain d’Europe, la boule de neige, le seringat,
              - hôtes secondaires : 200 environ, plantes maraîchères, florales, betteraves, fèves...
Le Puceron du pétiole du peuplier : 
                       - hôte primaire : le peuplier
                       - hôtes secondaires : les racines des laitues et des chicorées

Remarque :
Les pucerons qui vivent dans les pays à hiver doux ou sur les plantes d'intérieur n'ont pas besoin de produire d'œufs pour survivre en hiver : ils restent sous forme de femelles aptères parthénogénétiques et peuvent même se reproduire.

                                     3 Alimentation
Les pucerons se nourrissent exclusivement de la sève des plantes.
Ils s'alimentent surtout sur les feuilles, les jeunes pousses, les bourgeons, mais aussi sur les tiges, les rameaux, les écorces, les racines et les fruits.

Avec leur rostre, ils percent les feuilles et aspirent la sève.
La piqûre s'accompagne d'une sécrétion de salive qui est introduite dans les tissus et peut engendrer une réaction de la plante.

Les pucerons ingèrent une grande quantité de sève et excrètent l'excédent de sucre par leur anus sous forme de miellat très riche en sucre et en protéines. Le miellat sert de nourriture à plus de 246 espèces d'insectes, en particulier des fourmis, des diptères, des guêpes et des abeilles.

Un puceron en vol ne peut reconnaître à distance une plante sur laquelle il pourra s'alimenter et former une colonie : il est simplement attiré par certaines couleurs ou le contraste des couleurs du feuillage et du sol.
Lorsque le puceron atterrit sur une plante, il réalise des piqûres d'essai, superficielles et brèves, pour la "goûter" et voir si elle lui convient. 
Si oui, il s'immobilise, enfonce complètement ses stylets, se nourrit et s'installe"

                               4 Les ennemis naturels
* des insectes prédateurs auxquels ils servent de nourriture : comme les coccinelles, les chrysopes, divers diptères (en particulier, les larves de syrphides et de cécidomyies), les perce-oreilles et certaines punaises.
 
* des araignées et divers oiseaux les mangent aussi. 

* des insectes parasitoïdes : ce sont tous de petits hyménoptères, dont plusieurs appartiennent à différents groupes dont celui des Aphididés.
Les parasitoïdes des pucerons sont très spécifiques : ils s'attaquent à une espèce en particulier.
La femelle pond un œuf dans le puceron vivant et la larve se développe à l'intérieur du corps de l'insecte, se nourrissant de sa substance.

* des champignons pathogènes.

                                     5 Les dégâts
- Les pucerons prélèvent la sève et les élément nutritifs de la plante :
celle-ci s'affaiblit et sa croissance est perturbée.

- Les pucerons piquent les plantes et injectent de la salive qui a une action irritative et toxique : les feuilles (ou les aiguilles de pin) se déforment, se crispent, s'enroulent ou se rabougrissent, les fleurs avortent.
 Des boursouflures ou des galles peuvent se former dans certains cas.

- Le miellat forme un enduit visqueux qui gêne la photosynthèse et provoque la déshydratation, le dessèchement et la chute prématurée des feuilles.
Le miellat est parfois très abondant et tombe sur les tables, bancs, voitures placés sous les arbres (tilleul).

Le miellat attire les fourmis qui protègent les pucerons et les "élèvent"
Le miellat crée un milieu favorable au développement de champignons, sorte de moisissure noire comme de la suie : c'est la fumagine qui limite la croissance des plantes et souille feuilles et fruits.

- Les pucerons, par leurs piqûres, peuvent transmettre des virus et les disséminer, entraînant des maladies chez la plante hôte: mosaïque de la pomme de terre, de la laitue, du melon, de la courgette, de la tomate.

                                                6 La lutte
Lutte préventive
* Les plantes en bonne santé et bénéficiant d'une nourriture équilibrée supportent mieux une attaque de pucerons. Eviter les excès en azote et les carences en différents éléments nutritifs.
L'utilisation d'un fertilisant à action rapide (souvent riche en azote) peut déclencher une infestation de pucerons qui se multiplient rapidement.


* Ne pas pratiquer de plantations trop denses où les pucerons pourront trouver un abri contre le vent et la pluie.

* Protéger et favoriser les ennemis naturels : coccinelles, chrysopes, syrphes, guêpes parasitaires, anthocorides, forficules : cultiver des plantes à fleurs qui peuvent attirer les prédateurs des pucerons, leur assurer un abri pour l'hiver.

* Ne pas utiliser d' insecticides qui tuent les pucerons, mais aussi leurs prédateurs.

* Installer des plantes dont les molécules odorantes repoussent ou détournent les pucerons : menthe, sarriette, thym, absinthe, œillet d'inde, tanaisie.

* Fabriquer des pièges : contenants de couleur jaune dans lequel on ajoute un peu d'eau savonneuse, bandes jaunes couvertes de glue, semer des capucines qui attirent les pucerons noirs et les détournent des plantes à protéger. 

* Brosser les arbres fruitiers en hiver et badigeonner le tronc à l'argile.

* Poser un collier englué autour des troncs pour empêcher les fourmis de monter "élever" les pucerons dans les feuilles des arbres.

* Surveiller les population de pucerons principalement en mars avril (quand les prédateurs ne sont pas encore nombreux, faute de nourriture) sur les végétaux les plus menacés (pommier, cerisiers, rosiers, capucines…). Ils s'installent le plus souvent sur la face inférieure des feuilles, à l'extrémité des branches ou sur les nouvelles pousses.

Lutte directe
A) - Si les populations sont peu nombreuses :
* essuyer ou écraser les petites colonies à la main avec des gants
* enlever les parties attaquées
* arroser au jet d'eau plusieurs fois si nécessaire : s'attarder sur la partie inférieure des feuilles.


B) - Si les populations atteignent un très haut niveau, utiliser un traitement en commençant par l'emploi de produits peu actifs pour ne pas détruire les ravageurs :
- pulvériser des extrait végétaux : ortie, fougère, feuilles de rhubarbe, tanaisie, pelures d'oignon.
- poudrer avec des poudres de roche, du lithothamme (éventuellement du talc)
- pulvériser une solution de savon noir (10 à 25 ml de savon noir dans 4 litres d'eau). Attention, les savons peuvent endommager certains feuillages. Peu d'effet sur les pucerons cendrés et les pucerons lanigères.


C) - En cas de forte attaque, utiliser un produit à base de pyrèthre ou de pyrèthre et roténone. Répéter le traitement 3 à 7 jours plus tard.

             7 Facteurs de développement et de régression 
                            des population de pucerons

Le nombre d'individus d'une colonie de pucerons et leur développement dépendent de nombreux facteurs qui influent sur le nombre d'œufs pondus, sur le développement des larves, sur la durée de vie du puceron, sur l'envol des adultes ailés :
~ La température 
~ La qualité nutritive de la plante 
~ La vitesse et la direction du vent
~ La durée de l'ensoleillement
~ La présence d'ennemis naturels parasites et prédateurs


Phase initiale : Le nombre d'individus est faible, juste après l'arrivée du premier individu fondateur.
Phase d'explosion : La croissance suit globalement une courbe exponentielle, les effectifs explosent.
Phase de décroissance : Les capacités d'accueil de la plante hôte sont atteintes. Les effectifs diminuent alors plus ou moins brutalement.

                          8 Quelques espèces communes

En fichier joint
 

Article rédigé en 2007 par Chantal et Christian DELBOS.

 

 

 

 

 * Le puceron vert du pommier  (Aphis Pomi)

On le trouve sur les arbres fruitiers, l'aubépine, le cotonéaster.

Les aptères sont de couleur verte, avec les pattes, les antennes, les cornicules et la queue noires.
Les ailés ont la tête et les pattes brun noir .

Les pucerons se situent sur les jeunes rameaux et sur la face inférieure des feuilles qui se gaufrent et se recroquevillent sans changer de couleur. On note la présence de fourmis. Cette manifestation est préjudiciable sur les arbres jeunes. Les colonies de pucerons peuvent développer de la fumagine qui peut tacher les fruits (surtout en été).

Ce puceron passe tout son cycle sur l'arbre. Les fondatrices apparaissent au débourrement et les premiers individus ailés après la floraison. La reproduction est assurée par les aptères

en fin de saison. Les températures élevés ralentissent leur multiplication.

 

Les illustrations suivantes proviennent du site "Les Croqueurs de pommes"


 

 

 

Forme ailée

Forme aptère

 

 

 

 


 

* Le puceron du poirier  (Dysaphis Pirip) est brun mauve, recouvert d'une sécrétion pulvérulente blanc violacé.

Il éclot fin mars et s'installe dans les bourgeons à peine éclos.

Ses piqûres déforment les feuilles qui se boursouflent, se tordent, se strient de blanc jaunâtre. L'enroulement des feuilles favorise l'installation du Psylle commun du poirier. Un miellat abondant coule et favorise l'installation de la fumagine.
La migration vers les gaillets commence début juin et le retour s'effectue à partir d'octobre. Les œufs sont déposés à l'automne dans les crevasses des cicatrices des pétioles des fruits.

 

                                                                                                                     

* Le puceron cendré du chou  (Brevicoryne brassicae)

Jaunâtreaprès la mue, l'aptère prend un aspect gris cendré. Globuleux et trapus, il mesure de 2,1 à 2,6 mm. Il se reproduit très rapidement lors des étés chauds et secs.
Il apparaît en mai et pond ses œufs en septembre sur les trognons de choux, sur le colza ou sur tous les crucifères. Il peut survivre si l'hiver est doux.

 Les dégâts observés sont dus aux piqûres réalisées sur les plantes et au miellat qui s’en écoule: les feuilles se colorent, d'enroulent et se crispent, la plante a un retard de croissance, la formation du cœur peut être empêchée.

 

 

 

                                                                                                                   

 

                                                                                                                  … / …

 

 

 

*Le puceron lanigère (Eriosoma lanigerum) est brun violacé. En l'écrasant, on obtient une tache brun rouge. Il est couvert par un duvet blanc cireux ou un amas blanc cotonneux.

Les pucerons apparaissent au mois de mai et en automne.
Ils s'installent à l'aisselle des feuilles, dans les fentes de l'écorce et au départ des racines ou près d'une plaie. Ils se multiplient activement.
Ils hivernent dans les anfractuosités de l'écorce et sur les racines.

L'arbre réagit en formant des boursouflures et des tumeurs plus ou moins importantes, d'aspect chancreux.

On peut les trouver sur le pommier, l'aubépine, le cognassier, le cotonéaster, le pyracanta, le sorbier.


Par leurs piqûres, ils sont à l'origine de boursouflures et de galles sur les rameaux et les racines. Des chancres peuvent se former. Les dégâts sont particulièrement graves sur les jeunes arbres.
 

 

 

Puceron lanigère (Eriosoma lanigerum)

sur pommier         Wikipédia

 

 

 

 

 

 


 

                                                          

 * Le puceron cendré (Dysaphis Plantagina)

Ce puceron de couleur gris brun est recouvert d'une cire poudreuse.
Les larves sont rougeâtres. Il s'installe sur le pommier très tôt au printemps, peu avant la floraison, à une époque où ses ennemis naturels (coccinelles, syrphes, chrysopes… sont encore rares)
A partir de juin, il migre pour des hôtes secondaires tels que rumex, cerfeuil, plantain.
Il pond en automne dans les fentes de l'écorce, sur les branches au niveau des bourgeons et sur les troncs
Les piqûres des pucerons provoquent des déformations des feuilles et des rameaux. Les fleurs et les extrémités des pousses se dessèchent et tombent. Les fruits piqués se déforment et cessent de grossir à l'endroit des piqûres.
De fortes populations produisent un abondant miellat qui en ruisselant peut brûler les fruits et favoriser l'installation de la fumagine.

                                                                                                                                          … / …

* Le puceron noir du cerisier ( Myzus cerasi) Il est noir brillant. Il attaque la face inférieure des feuilles de cerisier sur lesquelles on voit des fourmis. En juillet, il migre sur un hôte secondaire (aspérule, gaillet et véronique) et revient pondre en automne dans les fentes de l'écorce ou sur le bois à fruit du cerisier
Les feuilles s'enroulent  et sont souillées de miellat et de fumagine.

La croissance est arrêtée.

 

 

 

                                                                                                                      … /…

 * Le puceron vert du prunier (Brachycaudus helichrysi)

hôte primaire : prunier (surtout jusqu'à la floraison)

hôtes secondaires: plantes herbacées, pissenlit, achillée, aster, bleuet

 

 * Le puceron noir des fèves  (Aphis fabae)


hôtes d'été : (fin avril) : fève, concombre, betterave, haricot, rhubarbe, pavot, dahlia, plantes condimentaires
hôtes d' hiver : fusain, boule de neige.

 

 

Puceron noir des fèves  (Aphis fabae)        Wikipédia

 

 

 

 

 

 


 

 

 

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