Maladies/soins des plantes (3) par Jonathan Nabli

AUXERRE, à notre Centre de Documentation, 1, rue Marie-Noël. Dimanche 27 octobre 2013. Conférence sur « Nos amis les auxiliaires du jardin, reconnaissance des maladies des plantes » (3), par Jonathan Nabli.

Troisième et dernière conférence.

 

Nota : afin de vous permettre d’aborder de manière pédagogique ce thème de la reconnaissance des maladies des plantes, cette conférence fait l’objet de trois compte-rendus :

  • Dans la rubrique « Compte-rendus » (une version résumée)

  • Ici, dans la rubrique « Soins des plantes » (une version complète)

  • prochainement, dans la rubrique « Conférences », avec le texte et les photos (une version intégrale extraite du diaporama).

Nous étions une petite dizaine à avoir pris le temps de nous former sur ce domaine des insectes, si complexe, et des symptômes de maladies de nos plantes au jardin et au verger.

Jonathan Nabli nous a fait un exposé remarquable par sa documentation, ses photos, ses croquis, et il est impossible de traduire ici une telle richesse. Nous ne pouvons que redire l’intérêt de venir assister aux conférences pour en tirer un maximum d’enseignements.

 

Avant d’aborder les maladies, il a commencé son propos en décrivant brièvement  plusieurs classes de champignons, leur mode de nourriture et de reproduction, partie assez technique de la conférence (se reporter à un dictionnaire pour avoir plus de précisions)

  • les chytridiomycètes (formant un thalle) se reproduisent par fragmentation du thalle et émission de conidies, les zoospores sont plus présents dans les milieux liquides car ils sont munis de flagelles,

  • les zygomycètes qui se caractérisent par une dissémination de spores,

  • les ascomycètes (type oïdium) qui se reproduisent par dissémination d’ascospores et d’asques,

  • les basidomycètes (type rouille) qui se  disséminent par des basidiospores,

  • les deutéromycètes, un groupe sans forme sexuée, ...

Concernant le mode de nutrition, on distingue les champignons saprophytes (décomposition du support), les parasites (besoin d’un support), et les symbiotiques (comme la truffe qui vit en bon voisinage avec l’arbre mycorhizé).

Il existe également des organismes (plasmodiophoromycètes et oomycètes) qui ressemblent aux champignons par leur mode de vie, mais font partie des chromistes, comme le mildiou.

 

Si on aborde les maladies, voici quelques conseils pratiques :

 

Le mildiou de la salade

Caractéristiques : Il se repère par un petit feutrage blanc sur la face interne de la feuille et des larges taches verdâtres à jaune sur la face externe qui finissent par se nécroser et devenir brun clair.

Conditions favorables : forte humidité, température de 10 à 20°C.

Conditions défavorables : plus de 20°C et peu d’hygrométrie.

Traitement biologique : solutions cupriques préventives avec adjonction d’un mouillant.

Traitement chimique : en préventif, solution à base de métirame zinc

Traitement curatif : solution à base d’azoxystrobine (ne pas utiliser plus de 3 fois par saison).

 

Le mildiou de la tomate

Caractéristiques : la tige noircit, le fruit se nécrose, la feuille se recroqueville avec léger duvet blanc sur la face interne et coloration vert pâle et brun.

Conditions favorables : 16 à 22°C le jour, nuits froides et forte humidité.

Conditions défavorables : température supérieure à 30°C et faible humidité.

Traitement biologique : solutions cupriques préventives avec adjonction d’un mouillant et utilisation d’hybrides F 1 plus résistants.

Traitement chimique : idem mildiou de la salade.

 

Précautions à prendre : nettoyer les tuteurs après usage et ne pas laisser les éléments contaminés sur le sol.

 

Le mildiou de la pomme de terre

Caractéristiques et conditions : idem tomates.

On peut ajouter en préventif et curatif un traitement systémique à base de cymonaxil et de propinèbe.

 

L’oïdium des cucurbitacées

Caractéristiques : taches blanches poudreuses sur les deux faces de la feuille et même sur le pétiole et la tige.

Conditions favorables : température de 23 à 26°C et forte humidité relative.

Traitement biologique : à base de soufre micronisé en préventif.

Traitement chimique : traitement systémique d’azoxystrobine, fenbuconazole et myclobutanil.

 

L’oïdium de la tomate

Caractéristiques : taches poudreuses blanches sur la face supérieure des folioles, lesquelles peuvent finir par se dessécher. La tige peut également être recouverte du mycélium.

Conditions favorables : température entre 15 et 30°C et humidité relative entre 50 et 70 %.

Traitement biologique et chimique : idem cucurbitacées.

 

Les sporules restent dans le sol et peuvent s’ouvrir avec la pluie.

 

La rouille

On la trouve sur les poireaux, les groseilliers et cassissiers, les betteraves, les poiriers

Sur poireaux

Caractéristiques : pustules de couleur jaune ou marron, les feuilles se dessèchent en commençant par les plus anciennes

Conditions favorables : forte hygrométrie surtout la matin avec la rosée, température entre 14 et 18°C, l’automne est la saison la plus favorable.

Conditions défavorables : température inférieure à 10C°.

Traitement biologique : utiliser des variétés résistantes, avec traitement préventif à base de soufre micronisé.

Traitement chimique : azoxystrobine.

 

Sur groseilliers et cassissiers

Caractéristiques : petites taches jaunes virant au brun à la face supérieure des feuilles pustules orange à la face inférieure des feuilles entraînant leur chute.

Conditions favorables : idem poireaux, mais les pluies de printemps favorisent la maladie

Traitement biologique : idem poireaux

Traitement chimique : en préventif et curatif : fenbuconazole et myclobutanil avec des résultats peu probants.

 

Sur poiriers (rouille grillagée)

Caractéristiques : sur la feuille, taches marquées rouge-orangé parsemés de petites pustules noirâtres. Sur la face inférieure des feuilles, amas brunâtres d’où s’échappe une poussière brune.

Conditions favorables : idem groseilliers.

Traitement biologique et chimique : idem groseillier.

 

La tavelure du pommier

Caractéristiques : La maladie affecte tous les organes, mais principalement les feuilles et les fruits à partir du stade du gonflement du bourgeon jusqu'à la récolte.
Sur feuilles, des taches de couleur vert olivâtre, puis brun olivâtre apparaissent sur la face inférieure. A maturité, les taches deviennent brunes, les feuilles se dessèchent et se craquellent.
En cas d'attaque grave, les feuilles chutent.
Sur les fleurs, les sépales, l'ovaire et le pédoncule, des taches peuvent apparaître et entraîner le dessèchement de la fleur (coulure).
Les fruits présentent des taches de couleur brune en relief puis craquelées, provoquant un arrêt de croissance de l'épiderme. Les fruits se crevassent et se déforment.
En conservation, la tavelure tardive se manifeste par des croûtes noires de petite taille.

Conditions favorables : Les pluies favorisent la dissémination des ascospores et l'humectation du feuillage (pluie, rosée, irrigation) et permettent la germination.
Des températures de l'ordre de 7 et 25°C associées à l'humidité facilitent la multiplication et le développement de la maladie.

Traitement biologique : solution cuprique et soufre micronisé en hiver et au printemps.

Utiliser des variétés moins sensibles à la tavelure, aérer par la taille, éliminer les feuilles au sol en automne. En préventif, utiliser des produits de contact ou pénétrants. En curatif, 3 jours après l’humectatation, utiliser des produits de type IBS. Penser à adjoindre des mouillants pour faciliter l’efficacité.

Traitement chimique : à titre préventif et curatif, utiliser des produits systémiques à base de fenbuconazole.

 

La moniliose (sur pommiers, poiriers, cognassiers)

Caractéristiques :

Le fruit est sensible à tous les stades, mais particulièrement à l'approche de la maturation : des taches brunes arrondies et centrées apparaissent au point d'infection. Des coussinets pulvérulents fauve à blanc crème et souvent concentriques entraînent le pourrissement et le dessèchement du fruit sur l'arbre (momies).
En conservation, le champignon peut contaminer des fruits sains par contact et constituer des nids de pourriture.
Les fleurs et rameaux infectés se dessèchent.

Conditions favorables : La chaleur (22 à 25°C) et la présence d’eau (bas fond, brouillard, pluie, orage, grêle) favorisent le développement de la maladie.
Les blessures, attaques parasitaires et chocs divers des fruits constituent des facteurs favorisants au développement de la maladie.
Une plantation trop dense, mal aérée peut également favoriser les infections sur la fleur.

Traitement biologique : solution cuprique et soufre micronisé en hiver et au printemps. Supprimer les sources de contamination (rameaux chancrés, fruits momifiés).
Protéger les plaies (grêle, taille...). Aérer au mieux les arbres.
Ne pas rentrer de fruits blessés en chambre froide.

Traitement chimique : Utilisation en curatif et préventif de fenbuconazole et myclobutanil.

 

La cloque du pêcher

Caractéristiques : On observe le développement de la maladie de fin avril à début juin, puis elle disparaît complètement. Au printemps, les feuilles de certaines jeunes pousses prennent une consistance épaisse, cassante ; elles se cloquent, s'enroulent et leur couleur évolue d'un vert chlorosé au rose rouge. Les entre-nœuds ne s'allongeant pas, leur disposition sur la tige est touffue. Elles se dessèchent et tombent prématurément.

Lorsque l'attaque foliaire est très forte, les fruits peuvent porter des lésions.

Conditions favorables : les pluies de printemps.

Traitement biologique : solution cuprique et soufre micronisé.

 Traitement chimique : rien d’efficace pour l’instant.

 

La cylindrosporiose du cerisier

Caractéristiques : elle ne développe que sur les feuilles. En mai, des petites taches rouge-violacé arrondies et au contour irrégulier apparaissent sur la face supérieure des feuilles. D'abord isolées, elles peuvent se rejoindre pour former des plages entre les nervures. Par temps humide, des fructifications (petits amas mucilagineux blancs ou légèrement roses) apparaissent à la face inférieure des feuilles d'où s'échappent des spores. Les feuilles atteintes jaunissent et tombent prématurément.
Les défoliations répétées sensibilisent les arbres aux gels hivernaux et provoquent une diminution du taux de nouaison et du calibre des fruits.

Conditions favorables : Température (16 à 20°C) et humidité.

Traitement biologique : solutions cupriques et aération de l’arbre.

Traitement chimique : idem moniliose.

 

La maladie des taches pourpres du fraisier

Caractéristiques : petites taches circulaires d'abord rouges, évoluant vers le brun-noir, de 2 à 5 mm de diamètre. Le pétiole des fleurs et les sépales peuvent être attaqués.

Conditions favorables : température de 20 à 25°C.

Traitement biologique : solutions cupriques et mettre des variétés résistantes.

Traitement chimique : myclobutanil.

 

Le phoma lingam des crucifères (choux)

Caractéristiques : Les symptômes se manifestent principalement sur les feuilles et le collet.
Des macules ou taches gris-cendré, arrondies et parsemées de points noirs (les pycnides) apparaissent sur cotylédons et sur feuilles à l'automne. Elles peuvent apparaître plus tardivement sur tiges. La mort de la plante par sectionnement du collet peut se produire fréquemment.

Conditions favorables : Un automne doux et humide, des températures voisines de 15°C avec pluie ou rosée sont propices au développement de la maladie.

Traitement  biologique : Limiter les apports d'engrais organiques vers l'été. Ramasser les résidus de cultures. Raisonner la rotation des crucifères.

Traitement chimique : azoxystrobine (résultats peu concluants).

 

L’alternaria des crucifères

Caractéristiques : Sur les feuilles, apparaissent des petites taches brun-noir entourées d'un halo jaune clair. En se développant, les taches deviennent circulaires et atteignent 2 à 15 mm de diamètre.

Conditions favorables : L'alternance de temps sec et humide au printemps favorise la maladie. Faible hygrométrie.

Traitement biologique : Ramasser les résidus de cultures. Raisonner la rotation des crucifères.

Traitement chimique : azoxystrobine (résultats peu concluants).

 

Les maladies virales

Les vecteurs : les pucerons, les cicadelles, les aleurodes, les nématodes, les acariens, les champignons. Le virus peut pénétrer par les blessures (grêle, taille, greffage, sectionnement des branches) d’où l’utilité de désinfecter les outils.

 

La mosaïque

  • sur concombre : présence de mosaïques sur la feuille et marbrures sur le fruit.

  • sur tomate : les feuilles se froissent et le fruit pourrit. Le virus est transmis par la graine et par voie mécanique (égourmandage, taille, cueillette), il se conserve dans le sol et sur les outils. Il n'affecte que les cultures sous serre et en hiver.

  • sur pomme de terre : la maladie peut être plane ou forte. On constate une frisolée du limbe avec les bords de la feuille qui se redressent, ondulent et se boursouflent. Des nécroses peuvent aussi apparaître sur les tubercules.

  • sur pommier : propagées par greffage ou marcottage de plants malades.  Quelques premières feuilles présentent des taches jaunâtres, mais ce virus n'occasionne pas de dégâts importants. Les fruits présentent des taches annulaires plus ou moins larges, et superficielles. Les variétés sensibles à la rugosité sont : Golden Delicious, Gala, Jonagold et Idared.

Les traitements :

Traitements sur concombre: Utiliser des variétés résistantes si elles existent. Brûler les plantes atteintes, contrôler la présence des pucerons avec un aphicide, mais résultats non garantis.

Traitements sur tomates: Utiliser des semences saines traitées par thermothérapie (chauffage des graines à 80°C pendant 24 heures). Utiliser des hybrides résistants. Désinfection systématique des outils de culture.

Traitements sur pommes de terre : Les plants de pomme de terre malades restant dans le jardin servent de source d'inoculum. Utiliser des plants certifiés. Pratiquer le défanage. Traiter avec un aphicide. Traiter avec des huiles minérales pour les virus Y, A et M.

Attention à certains mélanges de variétés selon leurs caractéristiques (résistantes ou non).

 

Reconnaissance de quelques auxiliaires

- La coccinelle

- La chrysope

- Le syrphe

Reconnaissance d’insectes nuisibles

- La cicadelle

- La punaise

- L’altise

- L’aleurode

- La cochenille farineuse

- Les acariens

- Les thrips

- Les limaces

- La mouche du poireau

- Les taupins

- Le carpocapse

- La tordeuse du pommier

© Texte et photos de Georges Chevaux.

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