Travaux au potager et au verger

PERREUX et LA FERTE-LOUPIERE. Dimanche 27 avril 2014. Les travaux au verger et au potager chez Jonathan Nabli.

Deux sites devaient être visités :

-à Perreux, où Jonathan Nabli a son domicile, cultive son potager et met en place progressivement son verger

-à La Ferté-Loupière, à une quinzaine de kms, où il a présenté deux jardins de famille. Cette particularité posait une question de gestion de timing en raison de l’éloignement des deux villages, mais aussi présentait un intérêt en raison de la diversité des sols en présence. Cela n’a pas empêché nos adhérents de venir très nombreux puisque nous étions 28 personnes.

Les travaux ont commencé par La Ferté-Loupière, où il a présenté son propre jardin. Le sol est meuble, assez sableux, facile à travailler, très humifère.

Il a planté des choux de type F1, (Choux de Milan, Tête de Pierre) plus résistants aux maladies, dont la hernie du choux, caractérisée par la chute des feuilles qui se fanent. Il recommande de mettre du soufre toutes les trois semaines, de bien arroser et de mettre de l’engrais azoté.

Contre les limaces, l’emploi de métaldéhyde sous forme de grains au pied, peut être complétée par la cendre de bois ou la bière dans des récipients protégés de la pluie.

Contre les larves de la piéride du choux, papillon blanc bien connu, mettre du Bacillus Thuringiensis. Quelques panneaux englués jaunes peuvent limiter les dégâts causés par les aleurodes, mais sans les éliminer.

Il a fait un semi de carottes Tam Tam race 3. Il recommande également la Nantaise améliorée, plutôt que la Touchon ou la Colmar, plus sensibles à la maladie de Erwinia (bactérie pathogène) qui fait pourrir le collet. La graine est plombée au départ, sur sol bien mouillé, mais on n’arrose pas les semis.

Concernant les pommes de terre, il préfère creuser dès le départ des sillons avec des

buttes pour permettre aux plants de ne pas sortir trop vite de terre à cause des risques de gelée tardive. Comme espèces, il recommande la Charlotte, l’Amandine, la Juliette, la Carlitta. Comme ennemis de la pomme de terre, citons le Phytophtora infestans, qui est une algue qui se comporte comme un champignon, le doryphore sur les feuilles, le taupin dont la larve creuse les pommes de terre. Le lin est un insectifuge possible. Contre le taupin, on peut essayer de capturer les adultes avec des pièges à phéromone ou pulvériser des nématodes contre les larves. Contre les doryphores, il n’existe pas de remède efficace, sinon les enlever à la main …pour les détruire.

Pour les petits pois, il utilise l’espèce Hatif de Annonay, ou l’Orion, assez bien résistant au froid et à l’humidité. Le Lincoln semi tardif est moins sensible à la sécheresse. Il est inutile de mettre de l’engrais azoté, car c’est une légumineuse, qui, comme le trèfle ou le haricot vert fixent l’azote de l’air par les racines, via des nodules bactériens. Une légumineuse peut rendre 3 kg d’azote pour 100 m². En conséquence, on évitera d’arracher les racines après récolte. Ses maladies les plus courantes sont l’anthracnose, le botrytis, la rouille et ses ravageurs, la sitone du pois (coléoptère) et les thrips.

Les oignons ont besoin d’un sol sans fumure. La mouche de l’oignon, qui entraine un enroulement de la feuille, aime l’azote, on peut la capturer avec des bandes jaunes.

 

Nous avons ensuite visité un autre jardin de famille, au sol argilo limoneux, plutôt acide, qui a tendance à la battance, plus difficile à travailler. Il recommande de mettre du fumier pailleux en automne et de relever le pH avec un apport de chaux à raison de 100 g/m2 au printemps.

Nous avons vu des lentilles, des carottes, des fraises remontantes (renouveler les plants tous les trois ans), des échalotes, des oignons, des ails (plantés en automne), des tomates Cœur de Bœuf semées en février, pour renforcer l’épaisseur de la cuticule et mieux résister aux attaques du mildiou. Contre le mildiou, pratiquer des traitements à la bouillie bordelaise, de préférence à l’oxyde cuivreux trop dosé en cuivre.

Dans ce jardin, nous nous sommes aussi attachés à l’examen des arbres fruitiers et leur maladies ou ravageurs : nous avons vu en particulier un pommier Locar vert très ancien, donnant des pommes plutôt acides. Bien que ses taux de nouaison et de fécondation soient assez importants, il est prudent d’attendre le mois de juin pour éclaircir à la main, car il existe une sélection naturelle des fruits en excédent.

Contre les pucerons, en traitement chimique, Jonathan recommande un Decis jardin à base de deltaméthrine ou un produit à base de pyrimicarbe. Il est important de faire un traitement préventif en hiver avec de l’huile paraffinique qui, en séchant, piège les insectes.

Dans les troncs des pommiers, on trouve parfois des galeries qui peuvent être dues à la présence d’un insecte coléoptère xylophage : le xylébore, difficile à éliminer. Contre les chenilles défoliatrices, utiliser du Bacillus Thuringiensis et du Pyrhètre.

Sur le pêcher, on a des attaques de cloque à cause d’un champignon le Taphrina deformans, qui couve en hiver sous l’écorce des arbres. Traiter à l’oxyde cuivreux depuis la chute des feuilles jusqu’au débourrement. Le puceron sur pêcher peut inoculer le virus de la Sharka sur les arbres à noyau, pouvant entrainer la chute des feuilles, la décoloration des fruits et la mort de l’arbre. Traiter le soir avec du pyrèthre.

On peut avoir des attaques d’un champignon Monilia laxa sur les rameaux et fleurs et Monilia fructigena sur les fruits, qui se traduisent par le pourrissement des fruits par cercles concentriques. Enlever en automne les fruits momifiés porteurs de la maladie, et éclaircir pour éviter que les fruits ne se touchent. Traiter à la bouillie bordelaise en hiver. Si le débourrement ne se fait pas, on peut craindre une attaque de moniliose.

 

Enfin, nous nous sommes rendus au domicile de Jonathan Nabli à Perreux, où il a un potager et des arbres fruitiers. Le terrain est plus argileux, mais a été amendé avec de la chaux, de la fumure et bien travaillé à la grelinette.

Il nous a montré ses semis en caissettes sous châssis, plutôt qu’en godets, choux Brocoli, choux fleurs Géant d’Automne, ses aubergines Bonica F1, Baluroi F1, ses tomates Cœur de Bœuf Corazon F1, St Pierre, ses concombres, cornichons, etc… Il préfère les plants F1, plus résistants aux maladies.

Nous avons pu comparer l’avancement plus prononcé des pommes de terre comparativement au jardin de la Ferté, moins ombragé.

Il a mis en place autour de son potager toute une panoplie d’arbres fruitiers (pommiers, poiriers, pruniers, cerisiers) sous forme de scions greffés par lui-même à 10-15 cm du sol, en leur donnant progressivement une forme. Il a utilisé les porte- greffes M9 plus destinés à être taillés en petits arbres en cordon, et les porte-greffes M106 pour faire des petits gobelets. Il a également planté des petits fruits qui se portent bien grâce à un amendement de 4-3-2. Il a choisi comme porte-greffe le cognassier pour le poirier, le Mirobolan pour les pruniers, le merisier pour le cerisier.

Dans un verger, il est important d’avoir des arbres pollinisateurs, comme les pommiers Reine des reinettes, Golden Delicious, Cox’s orange, un cerisier Burlat, etc.

En faisant le tour du propriétaire, il nous a présenté autour de sa maison différents arbres plus anciens tels que abricotier, cerisier, pêcher, prunier.

La séance s’est terminée dans le sous-sol avec un apéritif bien préparé par son épouse.

Merci encore pour toutes ces informations.

© Texte et photos de Georges Chevaux.

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