Planification des semis au potager

SAINT-GEORGES-SUR-BAULCHE. Samedi 10 janvier 2015. Centre Culturel : planification des semis au potager, par Michel Frimour, animateur du groupe potager.

C’était l’animation de rentrée 2015 avec une douzaine de personnes intéressées par la mise en route du potager pour la nouvelle année.

*La séance a commencé avec quelques précisions sur le lombricomposteur que Michel Frimour se propose de mettre en place pour le prochain salon, pour une démonstration. Il ne faut pas confondre le composteur, mis au sol la plupart du temps, avec la présence de nombreux auxiliaires, comme les collemboles, les cétoines dorés, les perce-oreilles qui décomposent les végétaux avant que les vers de terre ne travaillent, et le lombricomposteur, hors sol, travaillé principalement d’abord par des bactéries, puis par des vers rouges appelés Eisénias.

Il se compose de 3 étages : le plus élevé sera alimenté 2 à 3 fois par semaine, soit ½ litre à 1 litre de matière, l’étage intermédiaire qui constitue la phase fabrication du lombri-compost, et l’étage inférieur dans lequel le lombri-compost est terminé et bon à l’emploi. Pour maintenir un équilibre entre la partie carbonée et la partie azotée, il faut ajouter aux déchets ménagers, un peu de papier, sopalin par exemple, source de carbone.

L’humidité doit être maintenue constante à un niveau moyen, soit naturellement, soit en ajoutant des vaporisations. Une aération par l’enlèvement du couvercle permettra de diminuer l’humidité, si besoin. La température idéale est d’environ 30°C, ce qui exclut de mettre par exemple de l’herbe coupée fraîchement, car elle va trop chauffer le milieu ambiant. Il a pu constater en utilisant 3 types de fertilisant sur des choux (or brun, déchet de composteur et déchet de lombricomposteur) que ce dernier est le plus efficace pour la plante.

Au niveau références fiables pour le potager, Michel Frimour recommande de lire la revue trimestrielle « Les quatre saisons du jardin bio », achetable en kiosque, ou d’aller sur Internet visiter le site « Terre vivante ».

Il est également très intéressé par un mode de troc via un site Internet géré par l’association « Graines de troc », près de La Rochelle, sans coût d’adhésion obligatoire.

 

*Après avoir précisé que son but était de partager ses expériences sans vouloir se présenter comme détenant toute la vérité, il a expliqué son mode de fonctionnement par rotation des cultures sur 4 ans.

Dans son jardin, les familles de plantes sont mélangées, ce qui peut perturber certains esprits. Il existe des plantes qui s’associent et d’autres qu’il vaut mieux éloigner les unes des autres.

En effet, on ne met pas de la bourrache avec la courgette, mais elle se plait avec les fraisiers, de chou frisé avec du chou-fleur, de l’arroche ou de l’oignon avec du poireau. Le radis a besoin de la proximité de la carotte pour adoucir sa saveur. Les fleurs jouent un rôle important pour attirer les insectes polinisateurs, et éloigner les nuisibles par leur couleur ou leur odeur. Les œillets d’Inde peuvent être mis dans tout le jardin. Certains tagètes sont même nématicides.

 

Son jardin est réparti en quatre zones « virtuelles » pour les rotations dans lesquelles les légumes viendront se nourrir à des profondeurs de plus en plus importantes. Ce sont des parcelles virtuelles, car les planches sont souvent plantées dans la largeur. Il faut établir un plan du jardin, effectuer un suivi sérieux des dates de semis, de plantation, de récolte.

 

Prenons une nouvelle parcelle enherbée qu’on appellera parcelle N° 1.

Après un bon nettoyage à l’automne par décapage à la pioche, et mise en tas à remuer toutes les 2 semaines, pour faire crever les adventices, on protégera le sol pendant l’hiver. Au début du printemps, on enlèvera le couvert et on passera la grelinette de façon à émietter la surface.

On commencera par semer des pois, des haricots, des courges, des courgettes, de la laitue. Les légumineuses, comme pois et haricots, captent l’azote de l’air et le stockent dans des nodules racinaires. En juin, on coupera les tiges au ras du sol et les nodules restitueront l’azote au terrain. On fera suivre par un engrais vert, type phacélie par exemple, qui pousse assez vite et décompactera le sol.

A noter qu’il est toujours préférable de semer en godets et de mettre dans le terrain lorsque la plante profite d’une température suffisante et est assez forte pour mieux résister aux agressions des nuisibles.

On ajoutera après récolte un engrais de type 0-8-16, qui conviendra aux légumes « fruits » qui prendront la suite.

Dans la parcelle N° 2, viendront les choux, les radis, les navets, et encore la laitue qui s’accommode facilement partout. Leurs racines ne descendront pas en dessous de 10 cm ; ils ont besoin d’azote, de phosphore et de soufre pour les choux, à mettre avant plantation. Il recommande la kiesérite granulée (La kiésérite est une espèce minérale très instable de sulfate de magnésium hydraté de formule MgSO4 H2O : c’est du sulfate de magnésium composé de soufre et de magnésium) à mettre par petites quantités.

Dans la parcelle N° 3, nous aurons des légumes dits « racines » comme les carottes, à racines potentiellement supérieures à 10 cm, comme les panais, les poireaux, les endives, les betteraves rouges. Il faudra ajouter des fertilisants riches en N-P-K. pour compenser ce qui a déjà été consommé.

Dans la parcelle N° 4 nous aurons des légumes dits « fruits » comme les pommes de terre, les aubergines, les tomates, les piments, qui ont besoin d’un apport spécifique de potassium (K).

Puis le cycle se renouvelle.

A noter que certaines plantes échappent à cette rotation annuelle, comme les petits fruits (framboises, cassis, groseilles), les fraisiers, à renouveler tous les 3 ans, les artichauts, à déplacer et renouveler tous les 4 ans. Nettoyer les fraisiers des feuilles abimées et ne prendre que le 1er stolon pour faire de nouveaux pieds.

D’autres légumes comme les ails, les oignons, les échalotes ont besoin d’un sol appauvri.

Il suggère de semer si possible sur place des céréales : blé, seigle, orge, pour décompacter le sol et récupérer sur place des tiges, riches en lignine, qui seront  ajoutées au compost ou serviront de couvert.

Un fumier non composté est à proscrire. Il lui faut 2 ans d’ancienneté avant d’être incorporé.

 

*Plus pratiquement, il suggère ce suivi de légumes :

Suite aux carottes : choux de Bruxelles, choux fleurs, mâche (à semer début août à l’ombre des haricots grimpants)

Suite aux choux : betteraves, poireaux

Suite aux courges : haricots, courgettes, pois, engrais vert (type vesce ou féverole)

Suite aux épinards : radis, betteraves, pommes de terre, carottes

Suite aux haricots grain : mâche, chicorée, laitue

Suite aux navets : ail, échalote, oignon

Suite aux poireaux : choux de Bruxelles, tomates

Suite aux pommes de terre : ail, choux de Bruxelles, concombre, mâche

 

*Quelques conseils pour les engrais verts :

Suite aux tomates : semer des favacées (fève, pois, moutarde)

Ne pas mettre de moutarde après des choux, car ce sont des crucifères, mais après des pommes de terre par exemple.

Semer très clair le seigle mêlé à la vesce ou à la féverole.

Lorsqu’on enlève plusieurs salades, en profiter pour semer à la place un peu d’engrais vert.

L’engrais vert haché s’incorpore sur une petite profondeur de 4 à 5 cm.

 

D’autres questions ont été posées, auxquelles Michel Frimour s’est volontiers prêté à répondre. Merci pour ce cours de rentrée.

Prochaine rencontre : le 21 février 2015.

 

Texte et photo de Georges Chevaux.

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