Préparer le jardin à passer l'hiver dans de bonnes conditions.

MONETEAU.Samedi 29 octobre 2016, préparer le jardin à passer l’hiver dans de bonnes conditions, chez Jacky Chaillot, par Michel Frimour. 

La question était d’importance, si on en juge par les 25 personnes venues au rendez-vous, dont plusieurs nouveaux adhérents. 

Le groupe.

 

Michel Frimour a d’abord répondu à quelques questions et envisagé la suite des opérations pour les prochaines séances.

Les choux Daubenton (perpétuels) doivent être changés de place tous les 5 ans. On peut les bouturer.

Les haricots ne doivent pas être arrachés. On coupe la partie aérienne et on garde dans le sol les parties racinaires qui ont accumulé de l’azote dans leurs nodules.

Le chou frisé « Noir de Toscane » est très digeste. Enlever la nervure centrale avant de le faire cuire.

Chou frisé "Noir de Toscane"

 

Les cèleris ont besoin d'ombre et de chaleur et, pour avoir une belle racine il ne faut pas favoriser les feuilles. Donc il faut planter les cèleris raves entre les rangées de tomates, pailler pour garder l'humidité (ombre et chaleur) et enlever régulièrement les feuilles du tour qui commencent à s'incliner et ne garder que le toupet central.

Lors de la séance du 26 novembre, venir avec la liste des graines disponibles chez soi et ses besoins. Michel Frimour aimerait que la SHY mette en place une « grainothèque partagée ».

Comment préparer son jardin pour passer l’hiver ?

D’abord, nettoyer son sol des vivaces, comme l’oxalis, le liseron, les chardons ou les annuelles persistantes comme le mouron. 

L’oxalis a énormément de radicelles et est très invasive. Le liseron va puiser ses éléments en profondeur, on peut donc le mettre au compost pour l’enrichir. Le mouron rouge est spontané en sol acide (Ph < 6,5) tandis que le mouron bleu l'est en sol alcalin (Ph > 7) ; les deux sont toxiques. Le mouron blanc ou « mouron des oiseaux », est signe d'un sol équilibré dans lequel la minéralisation de la matière organique par les bactéries aérobie est active ; la partie aérienne du mouron blanc est comestible, crue ou cuite.

Puis, nourrir son sol, en fonction des besoins, pour qu’au printemps une minéralisation puisse s’effectuer dans les meilleures conditions. On commence par décompacter le sol avec la grelinette, puis on introduit de l’engrais de fonds type 0-8-14 dans les 5 premiers cm du sol. Ne pas tomber dans les excès, car le phosphore peut bloquer l’assimilation du calcium et donc nuire à la vitalité des plantes. 50 gr / m² suffisent largement (environ une poignée de main d’homme). L’arrosage permet de déclencher la minéralisation indispensable pour que la plante puisse se nourrir. Les bactéries aérobies se situent dans les premiers cm, ensuite on a des bactéries anaérobies, à ne pas remonter à la surface.

Ensuite, prémunir le sol des agressions atmosphériques en le couvrant. On peut envisager la protection :

  • En le recouvrant de feuilles 
  • En y semant des engrais verts
  • En y installant un paillage ou du Bois Raméal Fragmenté (BRF)
  •  
  • Matelas de feuilles

Les feuilles risquant de s’envoler sous l’effet du vent, on prévoit donc un système pour les retenir : un grillage, des tiges de haricots, par exemple, réparties pour faire du poids, un filet …Pour sa part, Michel apporte chaque année 30 m3 de feuilles et les répartit en bonne épaisseur de 15 à 20 cm. Si on met trop peu de feuilles sur le sol sans les protéger, les oiseaux vont venir les gratter pour chercher des vers et les disperser. Michel Frimour ajoute du bois mort dans les feuilles pour apporter des « champignons » qui en accélèrent la décomposition.

Parmi les essences d’arbres, préférer les feuilles tendres (tilleul, noisetier, bouleau, érable, vigne vierge, charme etc), et bannir celles de chêne, de noyer, de laurier. La feuille d’érable se décompose rapidement à la chaleur.

Au printemps,  on fera le « ménage » pour permettre le réchauffement du sol et éviter une faim d’azote.

En engrais verts, la phacélie est la seule de sa famille. Elle peut donc être cultivée avant toute culture de légumes.

Le compost :

On procède en alternant les couches d’herbe séchée au préalable, et de feuilles diverses, des petits morceaux de bois, du « vert » puis du « brun ». On brasse régulièrement tous les 15 jours. En fait, pour que le compost joue son rôle de purificateur, il faut qu’il atteigne une température élevée de près de 70 °, ce qui n’est possible qu’avec une bonne quantité de matière au départ (200 à 300 litres). Eviter de mettre des feuilles malades de légumes qui seront destinées au potager. Par contre les feuilles malades de fruitiers peuvent aller au potager. Le mildiou ne se développant que dans l’eau, durant la saison, on évitera donc d’arroser les feuilles de tomates, de pommes de terre, de vigne, toutes plus sensibles au mildiou. Arroser au pied. Ne pas mettre plus de 2 cm d’épaisseur de compost sur le sol. L’humus allège le sol. Si on met des éléments trop gros, les bactéries auront du mal à les digérer. Ne pas dépasser des morceaux de longueurs de 30 à 40 cm.

Le fumier :

Plus il est frais, plus il risque de transmettre les résidus des traitements subis par les animaux ou les plantes. Un bon fumier est mûr après au moins un an de stockage. Les fumiers en granulés, vendus en sacs, sont déjà compostés, traités à chaud, donc peuvent être mis dans le sol sans délai. Ne pas abuser non plus des fumiers type « Fumpoule », car ils peuvent brûler les racines par excès d’azote. On introduit le fumier progressivement,  ½ dose à la plantation, ¼ de dose deux à trois semaines après, et ¼ plus tard.

L’hivernage :

Certaines plantes peuvent rester sur place moyennant quelques précautions : le topinambour, l’héliantis comme réserve à insectes, le panais, le choux, les épinards, la mâche (éventuellement à protéger sous tunnel) …

Hélianthis : abri à insectes.

 

On rentrera le céleri rave, les betteraves sont gélives à -3°, les carottes à – 7°. On peut les stocker dans du sable sec, à l’abri du gel.

On rentre les poires de terre (qui ne contiennent pas d’amidon à la différence des pommes de terre); on les met dans du terreau à géranium et au printemps on utilise les jeunes pousses pour les faire repartir.

Poires de terre.

On rentre aussi les patates douces et on les place dans du terreau. Les jeunes pousses seront réutilisées au printemps.

La rotation des cultures :

Si on divise son terrain en 4 zones, qui peuvent être plus ou moins réparties dans le jardin, selon les besoins et les possibilités, on essaie de répondre à une logique de rotation :

  • On peut commencer dans la zone 1 par les Fabacées (ex Légumineuses) : fèves, haricots, pois … qui vont capter l’azote de l’air et le stocker dans des nodules sur leurs racines. Après récolte, on n’arrache pas les plantes,  mais on les coupe au ras du sol pour que les racines continuent à nourrir les plantes suivantes en azote.

Derrière les Fabacées, on mettra donc des légumes « Feuilles », qui ont besoin d’azote, comme les salades, les épinards, les choux, en prenant soin de leur apporter en complément un amendement organique, voire un complément minéral, si le terrain est pauvre. Il utilise un engrais « Animag Bio» qui contient de l’oxyde de calcium et de l’oxyde de magnésium. Au moment de la préparation du terrain, à l’automne, on aura ajouté un engrais de fond type PK 0-8-16, par exemple.

  • Derrière les « Feuilles » on mettra des légumes « Fruits » qu’il appelle des légumes gourmands, comme les courges, les poivrons, les aubergines, les tomates, les pommes de terre, en prenant soin d’y apporter du compost.
  • Enfin, la rotation se terminera avec les légumes « Racines » comme les navets, les oignons, les carottes, les radis, les panais, les choux raves …qui iront chercher plus profondément leur nourriture. 

Pour la gestion de la rotation des cultures, il est indispensable d’établir chaque année le plan de ses cultures dès la fin de saison.

La disposition des plantes.

Il faut penser que certaines plantes recherchent le voisinage d’autres plantes, mais le phénomène contraire existe aussi.

Par exemple, la carotte se plait avec le poireau. Cela n’empêche pas de prendre des précautions supplémentaires en mettant un filet sur les poireaux pour limiter les attaques de la mineuse. La bourrache se plait avec la fraise mais entrave le développement de la courgette. On a aussi intérêt à avoir des plantes aromatiques réparties dans le jardin, comme l’aneth, la coriandre, qui vont tromper l’odorat des ravageurs. La piéride du chou est trompée par l’odeur de l’aneth. Le tagète repousse les nématodes et protège ainsi les racines des tomates. Le céleri rave s’accorde avec la tomate.

Michel Frimour a préparé quelques « abris à insectes » sous plastique,

Tiges pour abriter les auxilliaires.

 

en plus de son hôtel à insectes.

Précisions de vocabulaire :

-       un amendement modifie la qualité physico chimique du sol.

-       un engrais amène des éléments non assimilables directement par la plante mais après intervention des bactéries.

 

© Texte et photos de Georges Chevaux 

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