Taille haie fruitière à Chamvres, le 21/03/2026
Samedi 21 mars, Chamvres, Taille haie fruitière par Denis Massot chez Mr et Mme Rouffin
Par une belle matinée de printemps, un peu précoce, nous étions conviés chez Mr et Mme Rouffin à Chamvres à la demande de Willy Gofflo pour donner suite au travail de plantation d’une haie de pommiers réalisée par ses soins, il y a une quinzaine d’années.
Nous étions une petite vingtaine dont deux nouveaux adhérents à nous être déplacés.
Patrick Brière, animateur du groupe Arboriculture fruitière, avait prévu d’amener sur place un tableau récupéré dans notre stock sur lequel figurent un rappel des différentes formes palissées : en V, en U, double U, palmette Verrier, oblique, horizontale, à la diable ….
C’était une occasion pour Denis de rappeler ses souvenirs d’étudiant.
Ensuite, nous avons engagé la taille de fructification en forme palissée horizontale. Plusieurs d’entre nous attendaient le feu vert avec leur sécateur à la main pour appliquer les conseils dispensés.
Mr Rouffin s’est joint au groupe pour commencer sa formation et la mettre en application.
Denis nous a fait une démonstration de la taille dite trigemme. La taille trigemme des arbres à pépin s’effectue en hiver. Elle vise à raccourcir les branches pour améliorer le rendement et la vigueur de l’arbre. La sève est plus faible dans les extrémités, donc éviter les grandes longueurs.. On l’appelle taille trigemme car elle a pour principe de couper les branches latérales au-dessus du 3ème bourgeon. En hiver, sans le feuillage, les yeux ou bourgeons sont plus facilement repérables, ce qui facilite la taille. Toutefois, il faut savoir différencier les différents yeux et leur développement. Voici l’état d’avancement du travail après ½ heure.
Denis s’est fait un plaisir de répondre aux questions tout au long de la démonstration
Rappel de quelques principes généraux
• L’aération de l’arbre est indispensable pour limiter les maladies et mieux répartir la photosynthèse. D’où l’intérêt de la taille en cordon.
• Plus on raccourcit les coursonnes près des branches charpentières, meilleure sera l’alimentation en sève élaborée et l’adéquation entre le poids des fruits et la solidité du support.
• Plus une branche se rapproche de l’horizontalité et meilleure sera la fructification.
• Traditionnellement, la taille trigemme vise à ne laisser que 3 bourgeons sur chaque branche qui porte du fruit, à condition de comprendre le fonctionnement des yeux. Dans les faits, on cherche aussi à tenir compte d’éventuelles dégradations (gel, insectes, maladies) qui supprimeraient des bourgeons.
• Plus on taille sévèrement, plus l’arbre aura tendance à faire du bois plutôt que du fruit. Plus l’arbre a de vigueur, plus on taille long.
Il faut en moyenne 3 ans pour faire un fruit.
• Les yeux latents, non encore exprimés, surtout sur une brindille, pourront devenir des yeux à bois, avec une forme ovale. La première année, on privilégie une taille après un œil descendant, pour éviter les futures pousses verticales.
• La seconde année, on aura des yeux en évolution appelés dards, faciles à identifier par leur extrémité pointue, qui pourront devenir l’année suivante un œil à bois ou un bourgeon à fleurs.
• La 3ème année, si le dard a bien évolué en bourgeon à fleur, on sélectionnera les bourgeons à fleurs, faciles à identifier par leur forme arrondie. On peut avoir des brindilles dites couronnées avec des bourgeons à fruit à leur extrémité.
Comme de coutume, la séance s’est terminée dans une bonne ambiance par un moment de convivialité.
On ne redira jamais assez, c’est sur le terrain que l’on apprend le mieux.
Merci à nos hôtes et à ceux et celles qui ont participé à la mise à disposition de leur talent culinaire.
© Texte de Georges Chevaux, photos de Yvette Jamonneau et Georges Chevaux