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Georges CHEVAUX
12 juin 2026
Sortie d’un jour en car au sud du Berry, le 30/05/2026

Sortie d’un jour en car au sud du Berry, le 30/05/2026

Samedi 30 mai 2026, Sortie d’un jour en car au sud du Berry :

Nous étions un peu moins de 30 personnes inscrites pour ce voyage en car organisé par le Groupe Voyages. Il fallait compter 3 heures de route. Josiane en a profité pour nous initier à la connaissance des jardins médiévaux.

Le programme était le suivant :

• Le matin : visite de l’Abbaye de Noirlac

• Déjeuner au Prieuré de Notre Dame d’Orsan

• Après-midi : visite libre des jardins du Prieuré

Bref historique de l’Abbaye.

A l’arrivée, la guide nous a dressé un rapide historique de l’Abbaye actuellement propriété du Conseil Départemental du Cher.

Pour situer quelques repères, la construction de l’Abbaye a commencé en 1150. Bernard de Clairvaux, fondateur de l’ordre cistercien à Cîteaux, à la demande du Seigneur local, Ebbes V de Charenton, qui offrait les terrains, a confié la constitution d’une nouvelle communauté à un de ses parents, Robert de Châtillon. Les cisterciens ont toujours recherché des lieux inhospitaliers au départ, plutôt marécageux, car il y avait la présence d’eau à canaliser. Tous les édifices cisterciens sont marqués par leur austérité, sans scènes bibliques, avec beaucoup de références aux végétaux, à la différence des abbayes gérés par les moines de Cluny. Les conditions de vie étaient spartiates. Les pierres utilisées venaient du sol calcaire local.

L’Abbaye a connu des évolutions architecturales importantes au XIIIème, date de son apogée, et au XIVème siècle. Les besoins avaient évolué avec le nombre de ressortissants qui étaient passés à 60 moines et 120 convers. Les moines étaient appelés à la prière plusieurs fois par jour, même la nuit. Les convers travaillaient dans les champs et se réunissaient dans des locaux extérieurs appelés « Granges ». Le but de chaque abbaye était de vivre selon la Règle de Saint-Benoît et en autosuffisance.

Fin XVIème, les mœurs avaient progressivement évolué vers plus de laisser aller spirituel, donc moins de vocations. Par contre, dès 1510, on assista à une recherche de bénéfices matériels qui profitaient en priorité au Roi et aux abbés commanditaires, nommés par le roi,.

A la Révolution, l’abbaye ne comptait plus que 6 moines et un prieur. Les quelques moines qui restaient ont été expulsés. Son état s’est vite dégradé par manque d’entretien.

En 1791, l’abbaye a été rachetée par un particulier

De 1802 à 1885, elle a été utilisée comme manufacture de porcelaine par un citoyen d’origine britannique, et les locaux adaptés en fonction des nouveaux besoins.

En 1909, le Conseil Général du Cher a procédé à son rachat et sa réhabilitation progressive.

En 1938 et 1939, elle a servi de camp d’internement pour les réfugiés Espagnols, surtout femmes et enfants, chassés par la guerre civile. Il n’y avait pas encore de chauffage et les vitres étaient plus ou moins absentes.

De 1939 à 1950, elle a servi d’annexe à l’hospice de la Commune de Saint-Amand-Montrond.

De 1950 à 1980, le Conseil Départemental a amélioré notablement les conditions d’accueil et effectué de gros travaux structurels pour la rendre visitable par les touristes et en faire un Centre culturel de rencontres. Les vitraux contemporains ont été créés par Jean-Pierre Raynaud. Les jardins ont été pensés par Gilles Clément, paysagiste.

Visite des lieux

Les styles ont évolué en fonction des années de construction.

L’église est en forme de croix latine et mesure 59 m de long. Contrairement à nos églises, elle n’est dotée que d’une seule cloche pour appeler les moines à leurs obligations tout au long de la journée. L’acoustique y est remarquable, tout à fait adapté aux chants grégoriens.

Le cloître est également adapté pour que les moines puissent prier en silence.

Les décors architecturaux ont évolué avec les années. On voit par exemple une différence dans les ouvertures du cloitre.

Les chapiteaux évoquent souvent les végétaux. Au centre du cloitre, on trouve un jardin découpé en 4 parties égales avec un puits au milieu.

Tout a été recrée pour rappeler l’appel à la prière et au recueillement. Les couleurs bleues des fleurs rappellent le ciel ou l’eau.

La couleur blanche évoque la Vierge Marie protectrice de cet ordre. Le rouge évoque plutôt la passion du Christ.

La salle capitulaire (ou du Chapitre) est conçue pour recevoir les moines assis sur les côtés pour écouter chaque jour la lecture de la Règle de Saint Benoit par l’Abbé.

Les confessions y étaient publiques et les pénitences sévères, y/c un passage par un cachot.

Le scriptorium est la salle où on écrivait les textes sacrés. Il est doté d’un chauffoir et d’une cheminée pour permettre aux moines de ne pas avoir les doigts gelés. Les moines écrivent sur des parchemins en provenance de peaux de bêtes. Les enluminures sont remarquables de variété et de couleur.

Chaque moine a sa spécialité dans l’écriture.

Le réfectoire est adapté pour que les tables soient disposées en U. Chaque moine regardait au centre de la salle et écoutait en silence la lecture du jour par un frère situé dans un balcon. Nous avons pris la photo traditionnelle de notre groupe dans le réfectoire.

Les menus étaient basés en priorité sur la consommation de légumes racines, de viande blanche, de poissons. Les moines avaient droit à 500g de pain par jour.

Le dortoir était commun. Actuellement on y voit des cellules assez grandes,

équipées d’une cheminée, inconnue dans les premiers temps.

Le cellier au Rez de Chaussée était géré par le frère cellérier, qui, de par sa fonction pouvait sortir à l’extérieur de la clôture pour vendre les excédents de production et passer des contrats.

Les jardins étaient de trois types : verger, potager et simples (plutôt médicinales)

Ensuite nous sommes allés en car jusqu’au prieuré de Notre Dame d’Orsan, où nous avons déjeuné.

Après le repas, préparé par le propriétaire des lieux, chacun pouvait déambuler à sa guise, muni d’un plan des jardins pour admirer le travail des 3 jardiniers embauchés à plein temps pour l’entretien.

Les jardins sont divisés en 15 secteurs dénommés en fonction des objectifs recherchés.

En premier, le potager avec ses 16 carrés de terre, ses légumes et herbes aromatiques, suivi du jardin des simples qui constituait autrefois la réserve pharmaceutique.

Ensuite, le verger de pommiers bien aéré, autrefois cimetières des moines.

La promenade nous invite à aller vers une nature plus libre.

Chaque jardin est délimité par des haies végétales, les plantations sont souvent protégées par des rangées de pierres. Le BRF au sol y est omniprésent. On remarque des systèmes d’arrosage automatique. Dans beaucoup d’endroits, on trouve au sol un grand nombre des traverses de chemin de fer qui permettent aux touristes de se déplacer dans de bonnes conditions.

On est frappé par la variété et la densité des plantations. Ce qui surprend également, c’est le nombre important de structures bois originales pour faire grimper les végétaux,

la recherche de perspectives :

.

et même d’impasses.

On parcourt ensuite le labyrinthe réalisé en pruniers palissés, le Clos des trois vergers (poiriers, cormiers et cerisiers), le jardin de Marie évoquant la Vierge et ses vertus, avec un clocher de bois à l’entrée,

les rosiers liane qui se détachent de l’ensemble ,

le Parterre de fleurs, la Pépinière, un jardin comprenant 9 bacs surélevés tressés en gaulettes de châtaignier,

le Cloître avec ses 4 carrés de vigne de pinot noir autour d’une fontaine etc.

Après cette plongée dans le Moyen-âge, marqué par l’influence des ordres monastiques, nous sommes rentrés sur Auxerre, avec des nombreux souvenirs aussi bien d’ordre architectural que végétal. Bon mixte entre la partie visite de monuments et la partie botanique.

Merci à nos organisateurs, Josiane, Marlène et Alain, en attendant de nouvelles escapades.

© Texte et photos de Georges Chevaux

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