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Georges CHEVAUX
28 octobre 2026
Visite des noisetiers à Jussy avec Patrick Barbotin, le 10/10/2026

Visite des noisetiers à Jussy avec Patrick Barbotin, le 10/10/2026

Samedi 10 octobre, visite d’un verger de noisetiers mycorhizés à Jussy avec Patrick Barbotin

Nous étions une petite dizaine de membres de la SHY intéressés par les explications de Patrick Barbotin sur sa plantation de noisetiers destinée également à la trufficulture. Patrick Barbotin ancien maire de Jussy et arboriculteur retraité a mis

à la disposition de l’association des producteurs de Noix et Noisettes de Puisaye son verger de noisettes . Au début, il exploitait une vingtaine de variétés de noisetiers, actuellement la surface de noisetiers ou la noiseraie est de 6 ha avec une douzaine de variétés.

A défaut de production de truffes cette année, en raison de la sécheresse, nous avons abordé essentiellement l’exploitation des noisetiers.

La production de noix et noisettes

Concernant les noix, on utilise des nouvelles variétés de noyers plus vite

productives comme la Fernor, développée par la recherche française, hybride issu de la Lara et la Franquette plus connue, mais qui met 8 ans avant de produire des noix. La Lara est une variété américaine. Elle met 4 ou 5 ans pour produire, mais elle est plus insipide que la Fernor. Les noyers ne sont pas exempts d’attaques d’insectes suceurs ou de maladies bactériennes comme l’anthracnose. Cette année les noix étaient plus petites.

Il exploite des noisetiers mycorhizés sur environ 6 ha avec cette particularité qu’ils l’ont été naturellement.

Il a fait cette découverte par hasard. Le sol s’y prête. La production de noisettes de la région représentait en 1976 un tiers de la production française. Les noisetiers occupent environ 8800 ha pour une production de 10 à 11000 t en France, la production locale est donc anecdotique. La coopérative du Sud-Ouest « Koki » , N°1 des fruits à coque, rassemble 90 % de la production française.

La Turquie est le 1er producteur mondial de noisettes avec une vieille variété Impériale de Trébizonde, ronde, grosse, très productive, à mise à fruit rapide. Elle tombe en bogue et elle est « déshabillée » sur place. Elle est moins présente en France car elle se récolte à la main. En France, on utilise principalement la « Fertile de Coutard »mais aussi Pauetet et Segorbe sont deux variétés de noisetiers (et de noisettes) très connues, souvent cultivées ensemble car elles sont complémentaires pour la pollinisation et très prisées par l'industrie agroalimentaire.

Quelques variétés sur place :

• « La Fertile de Coutard », produit de grosses noisettes, arrondies et productives à croiser avec la Merveille de Bollwiller

• « La Butler » à productivité régulière, bon rendement, bonne résistance, taille moyenne, bon pollinisateur

• « La Corabel » : rustique, gros calibre, tous types de sol.(hybride de Coutard)

• « La Ennis » : gros fruit comme la Butler

Ferrero, l’entreprise italienne d’influence mondiale, très connue pour ses marques de produits alimentaires sucrés, dont Nutella, utilise beaucoup la « Ronde du Piemont », variété Tonda Gentile, variété très gustative originaire du nord de l’Italie.

La noisette fraiche est moins utilisée, car elle se ramasse à la main et le coût est onéreux.

La récolte se fait donc à la machine. L’herbe est broyée et laissée sur place en mulch, ce qui maintient un peu d’humidité sur le sol. Le sol n’est pas travaillé, mais une circulation d’air dans le sol est recommandée. La noisette ronde est plus facile à casser.

La sécheresse de cette année a réduit considérablement la production de noisettes et de noix. En année normale, il peut espérer une récolte de 1 tonne de noisettes par hectare.

La production visée par les vergers modernes irrigués se situe entre 2,5 et 3 t/ha.

La taille est relativement simple et mécanisée. On fait du recépage. C’est une plante basitone. On laisse un ou deux troncs et on enlève les drageons. Le noisetier produit ses fruits sur les jeunes pousses de l’année précédente. En supprimant les vieilles branches, l’arbre en produit de nouvelles sur lesquelles viendront les noisettes. Il faut que la souche soit aérée pour limiter les maladies. Penser au moment de la plantation à espacer suffisamment les arbres pour contrôler leur développement. On pratique également la taille d’élagage par lamiers.

La pollinisation se fait par le vent. Plus on a de variétés, meilleur sera le résultat. Le noisetier est auto stérile. Il existe des poils rouges collants sur la fleur femelle qui vont récupérer le pollen en hiver et au printemps le tube pollinique s’étant développé va permettre la fécondation. Les premières noisettes apparaitront en mai.

Ravageurs et traitements :

Les Eriophyidae sont des acariens qui provoquent des galles sur les bourgeons et nécessitent 2 traitements printaniers au soufre

Le « Balanin des noisettes » est un charançon dont le cycle de vie peut aller jusqu’à 4 ans. Il pique la noisette pour s’en nourrir. Il se cache sous terre.

Il s’attaque également au châtaignier, au chêne

Il est d’autant plus difficile d’éliminer le ver qu’il est protégé par la coque.

Les produits chimiques autorisés sont moins efficaces qu’autrefois. Dans une petite surface, on peut mettre des poules qui se chargeront de faire le nettoyage.

On assiste maintenant à l’invasion de nouveaux ravageurs comme les punaises qui viennent d’Asie et pour lesquelles on a peu de moyen de lutte.

Fertilisation des sols, on peut mettre de l’engrais organique en décembre avec des granulés lents à se décomposer.

Le sol du verger est calcaire avec un pH de 7 à 7,6 . Le sol est filtrant et nécessite davantage d’apports minéraux (Azote, Acide phosphorique), si possible fractionnés

La trufficulture

Pour information, il est possible d’étaler les récoltes en fonction de la variété de truffe. En Bourgogne on trouve trois variétés avec un prédilection pour celle dite « de Bourgogne »

• La truffe dite de Bourgogne s’appelle Tuber uncinatum. Elle est récoltée de septembre à Noël

• La truffe dite du Périgord s’appelle Tuber melanosporum. Elle est récoltée de décembre à février.

• La truffe d’été Tuber aestivum est récoltée en juillet

On a une truffe spécifique d’Italie du Nord qui est la Tuber magnatum, rare et chère. Elle se consomme crue comme la tuber aestivum. Les truffes de Bourgogne et de Périgord résistent à la cuisson.

La prospection peut se faire grâce au vol de type « hélicoptère » de la mouche au-dessus de la truffe. Il suffit d’agiter un rameau pour la déranger et repérer sa présence. Le chien est la solution idéale pour trouver les truffes. Il faut de préférence qu’il ait un nez court. Patrick Barbotin a un chien de 10 ans.

L’utilisation des fongicides est nocive pour le champignon

La conservation de la truffe

Tenir au frais dans un récipient hermétique pour une semaine maximum ou au congélateur 5 à 6 mois. On peut mettre du beurre, de la crème ou des œufs à proximité d’une truffe dans le réfrigérateur pour conserver son odeur. Jean-Luc Barnabet, célèbre cuisinier icaunais, a promu l’usage de la truffe grâce à sa célèbre purée aux truffes.

Astuce : Comment ouvrir une noisette sans l’écraser ? avec un couteau gratter le haut de la noisette et introduire la lame du couteau dans la fente.

Il existe un Syndicat des Producteurs de Truffes de Bourgogne basée au Domaine de Pignol à Tannay 58190

Merci à notre guide qui nous a enchantés par ses explications claires et très documentées. Nous comptons sur lui pour d’autres démonstrations.

© Texte de Georges Chevaux

© Photos d’Yvette Jamonneau

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